ALM : A quand remonte votre première participation artistique?
Kalila Bounaylat : J’ai fait mes débuts en 2004. Le public m’a découverte à travers le téléfilm de Brahim Chkiwi «Chelh ou bghaha Fassia». Grâce à cette participation, j’ai découvert ce talent qui était tant enfoui en moi. Les offres se sont succédées par la suite. Ainsi j’ai enchaîné avec «Fanida» de Youness Regab, «4 Hajrat» (une production en hassani), «Yawmiyat moudarrisa» (des capsules éducatives pour la 4ème chaîne), «Une heure en enfer», «Rhimou» et autres.
Considérez-vous Rhimou comme point de départ effectif de votre carrière ?
On peut confirmer cela. «Rhimou» en tant que série m’a favorisé plus de présence et de visibilité. La série a connu un grand succès qui a été bénéfique pour moi. Ainsi, les téléspectateurs ont commencé à se familiariser avec moi. Je ne vous nie pas ma satisfaction quand je croise le public et qu’on me nomme Dimna par référence au rôle que j’ai joué dans la série.
Comment évaluez-vous votre parcours ?
Je suis satisfaite des réalisations que j’ai pu enregistrer en six ans de carrière. Je ne m’imaginais jamais franchir ce domaine. Au fait, j’ai intégré la scène artistique au gré du hasard. Le réalisateur Brahim Chkiwi voulait ma sœur jumelle «Dimna» pour interpréter dans son téléfilm «Chelh ou bghaha Fassia»» le rôle d’une jeune fille issue d’un milieu fassi. Vu que Dimna suivait une formation en art dramatique en France, on m’a proposé comme solution de rechange. C’est ainsi que mon parcours artistique a commencé.
Qu’est-ce qui a changé en vous après avoir intégré la scène artistique ?
Beaucoup de choses ont changé (Rires). Auparavant, Je trouvais inconcevable, qu’un jour, je me produise sur les planches ou devant des caméras. Après avoir pris goût, j’ai sitôt suivi une formation en art dramatique à Saint-Denis. Pour vous dire, ma personnalité a complètement changé. Je suis devenue de plus en plus libre, sûre et audacieuse.
Allons-nous vous voir face à votre jumelle sur un plateau de tournage ?
On vient d’achever le tournage d’un téléfilm intitulé «Tamaâ». Nous incarnons deux personnages contradictoires. Ce fut une expérience inoubliable. Sur le plateau de tournage, on est rentré dans un duel, voire une confrontation assez forte. On s’est surpassées pour que chacune d’entre nous donne le meilleur d’elle. Il y a même une scène qui nous a marquées. On était en train de se chamailler au point d’oublier que ce n’était qu’un simple jeu dramatique.
A quand une participation cinématographique ?
J’ai participé au long-métrage «Tariq ila Kaboul». Le film raconte l’histoire d’une bande d’amis qui entreprendront le voyage à destination de l’Afghanistan. Ce film marque une nouvelle étape de ma carrière, j’espère qu’il plaira au public.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre parcours ?
A vrai dire, je n’ai rencontré aucun obstacle. Les gens avec lesquels j’ai collaboré ont été beaucoup plus coopérants que je ne l’imaginais. Il est à noter que certaines personnes s’«autoposent» des freins pour évoluer. Sinon, la scène offre une large opportunité pour promouvoir son talent artistique.
Quels sont les défis que vous avez dû relever en tant que jeune actrice?
Chaque jour est un défi. Mon ambition est grande au point que j’invente des défis pour m’évaluer. (Rires). Techniquement, mon jeu en dialecte «hassani» est un défi que j’ai relevé avec bravoure. Le film consistait à ce qu’on présente des poèmes en dialecte «Hassani», chose qui nous n’était pas familière. Grâce au coatching et à ma persévérance, le rôle a été réussi. Cela m’a permis également de découvrir la richesse de notre culture sahraouie.
Quels sont vos autres talents cachés ?
Je suis une grande adulatrice de la diva Oum Kalthoum. vous trouveriez cela bizarre pour une fille de mon âge, mais j’adore cet emblème. J’aime ce mélange de délicatesse et de force qu’elle a en sa voix. De même, j’ai découvert récemment la passion pour l’écriture notamment l’élaboration de scénario. Je compte à mon actif trois scénarios qui ne tarderont pas à voir le jour.
Êtes-vous pour la polyvalence artistique ?
En quelque sorte oui. Je suis pour le fait que l’acteur s’initie à l’écriture et à la réalisation sans pour autant empiéter sur d’autres domaines en l’occurrence le chant ou l’animation quoique je rêve d’animer des émissions politiques.
Et l’amour dans votre vie ?
Il occupe une grande place. Je serais hypocrite si je nie la présence de l’amour dans ma vie. Je suis comme toutes les filles, éperdument amoureuse de ma douce moitié.
Cela n’entravera pas votre évolution artistique ?
Absolument pas. Je le dis avec conviction car mon alter ego est du même domaine. (Rires).









