ALM : L’enseignement de la langue française, en dépit des échecs constatés à plus d’un niveau, continue de faire l’unanimité autour de son apprentissage. Pourquoi ?
Miloud Belati : On ne cesse de tenir des réunions de travail, des journées de réflexion et de formation continue pour améliorer la maîtrise de cette langue. Certes, tout le monde se plaint du niveau des élèves. Or, n’est-il pas sage quand on veut aborder un phénomène d’une telle ampleur de ne pas se limiter à la moitié vide du verre. L’autre moitié, à savoir les réussites, est aussi à prendre en considération. L’apprentissage du français n’est pas un «fiasco total». Il suffit de visiter une multinationale ou une entreprise spécialisée dans les secteurs des affaires ou des banques pour se rendre compte que cette langue est utilisée par la majorité de leurs cadres. En grande partie, ces cadres ont maîtrisé cette langue dans des écoles marocaines.
Peut-on déduire que l’engouement pour cette langue a fait d’elle une langue privilégiée ?
C’est une langue qui compte à son actif plusieurs atouts. Le français au Maroc est d’abord une langue étrangère privilégiée. Il représente plus de 1.800 heures de cours à la fin du cursus scolaire.
Secundo, la langue française au Maroc est considérée comme une langue d’ouverture et de culture. De fait, elle est surtout une langue de promotion sociale. La majorité des postes choyés, notamment dans les domaines de la communication et de la presse, nécessitent la maîtrise de cette langue.
Mais quand on parle de pédagogie et maîtrise de la langue on ne peut se limiter à la finalité de cet enseignement ?
C’est quoi au juste une réussite, si elle ne débouche pas sur un acquis professionnel. Aussi faut-il préciser qu’il y a d’autres raisons qui sont derrière l’engouement des élèves et de leurs parents pour la maîtrise de cette langue. Ils se rapportent à la dimension pédagogique et didactique. C’est une langue qui bénéficie de plusieurs manuels d’apprentissage. Au niveau des lycées, il y a l’adoption d’une œuvre littéraire comme support didactique. Ce qui donne une liberté au professeur pour ce qui est de l’élaboration d’un projet pédagogique qui prend en considération le niveau et les besoins des élèves. Cela n’existe qu’en français. Tous ces éléments expliquent pourquoi l’apprentissage du français est toujours d’actualité.









