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Souvenirs de « Al-Tahrir » (27)

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Cette lutte sera d’ailleurs couronnée de succès, car elle est juste. C’est une lutte pour une vie meilleure, une lutte qui se fraie résolument un chemin vers la victoire, à la lumière des feux de la liberté que l’on voit embraser les peuples aux quatre coins du monde. Le feu sacré de la liberté, telle la lumière du soleil, guide les pas des peuples dans leur lutte pour atteindre leurs objectifs. C’est une lumière que personne ne saurait éteindre ni même atténuer, car tirant sa force de la logique et de la loi mêmes de l’histoire.
Telle est la réalité. Nous nous la dédions d’abord à nous-mêmes -sûrs que nous sommes de la victoire- puis la dédions à ceux qui l’ignorent, afin qu’ils soient au fait de la philosophie et des lois de l’histoire.
L’histoire qui jamais ne rebrousse chemin ni ne recule, car elle est le fruit de la volonté, du sang, des larmes et de la sueur des peuples. Les feux de la liberté illuminent le monde entier, guidant les peuples vers l’avenir. Les ennemis des peuples, où qu’ils soient, doivent donc s’effacer pour laisser ces peuples se frayer un chemin vers de nouveaux horizons, où chacun pourra respirer un air de liberté salubre et sain, débarrassé de toute impureté. C’est uniquement ainsi que nos coeurs pourront être eux-mêmes lavés de toute trace de rancoeur.” Ibn al-Blad.
Les événements ne prenderont pourtant pas le cours qui aurait convenu à la décision royale de relâcher les résistants et de mettre fin à la crise. Ayant eu la certitude de la volonté du défunt Roi de mettre fin à la crise en libérant les résistants, les adversaires de l’UNFP mobiliseront en effet toutes leurs forces pour faire pression sur le Souverain, faisant en sorte que le prix de cette réconciliation soit la révocation du gouvernement Ibrahim afin, diront-ils, que cela ne passe pas pour être une victoire de l’UNFP aux dépens du Prince héritier, qu’ils avaient eux-mêmes impliqué dans une lutte ouverte contre ce gouvernement. C’est ainsi qu’ils exerceront des pressions sur le Prince héritier lui-même pour l’amener à essayer de convaincre son père de révoquer d’abord le gouvernement Ibrahim. Ils iront jusqu’à l’inciter à lui demander d’investir un nouveau gouvernement dont le Roi prendrait lui-même la charge, secondé par le Prince héritier, et dont Ibrahim et Bouabid feraient partie.
Bien que cette proposition fût présentée comme étant un “compromis”, le Roi ne plia point à ces pressions, car il était désormais conscient de la réalité des forces qui les exerçaient, ainsi que des résultats catastrophiques auxquels ils auraient pu conduire. Il avait en effet -Dieu ait son âme- une confiance inébranlable en Abdellah Ibrahim et Abderrahim Bouabid, et tenait par ailleurs fermement à l’immense popularité dont il jouissait personnellement. Il connaissait par ailleurs parfaitement l’origine patriotique de Ibrahim et Bouabid, comme il n’ignorait rien de celle, absolument non patriotique, de leurs adversaires, Guédira en tête. Ayant lui-même livré maintes batailles contre les autorités coloniales et leurs collaborateurs, le Souvarain savait bien à quoi s’en tenir à ce propos, sans parler évidemment de ses propres propensions libératrices et sens patriotique à toute épreuve.
Les adversaires de l’UNFP parviendront pourtant à poursuivre en toute quiétude leur sombre dessein, comme nous le verrons dans le chapitre suivant.

• Par Mohammed Abed al-Jabri

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