Les différents indicateurs économiques le démontrent. La situation de l’emploi s’est nettement améliorée depuis l’investiture, en 2002, du gouvernement de Driss Jettou. Au terme du premier trimestre de l’année en cours, le taux de chômage s’est stabilisé à 10%. Le nombre d’emplois créés pendant les trois premiers mois de 2007 a atteint 369.000 postes selon les chiffres publiés par le Haut commissariat au Plan. Quelque 239.000 postes d’emploi ont été créés par le secteur privé. Quatre ans auparavant et au lendemain de l’avènement de l’actuel gouvernement, le taux de chômage était de 11,4% et de 23,7% chez les diplômés. Depuis, le Maroc a connu une évolution favorable due à l’accroissement de l’emploi dans l’ensemble des secteurs d’activité économique. Ainsi, en 2007, des secteurs-phares comme l’agriculture, forêts et pêche ont créé quelque 228.000 emplois soit un accroissement de 5,4% par rapport à l’année 2006. L’industrie et l’artisanat ont contribué à la création de plus de 100.000 emplois pendant les trois premiers mois de l’année en cours, soit une progression-record de 8,6% par rapport à 2006. Le bâtiment et les travaux public ont permis à 20.000 nouveaux salariés d’intégrer le marché de l’emploi, soit 2,5% de plus que l’année dernière. Les services ont créé 13.000 emplois.
Derrière ces chiffres, résultats des enquêtes périodiques du Haut commissariat au Plan, d’énormes chantiers de réformes et d’infrastructures de base. Le méga-complexe portuaire de Tanger, les stations touristiques lancées dans le cadre du Plan Azur, les chantiers d’autoroutes ont créé directement des dizaines de milliers de nouveaux postes d’emploi. D’autres initiatives ont donné un élan substantiel à l’activité économique et donc à la création des richesses et de l’emploi. Des mesures ont vu le jour pour renforcer la qualification et la formation professionnelle et stimuler l’auto-emploi. Des actions gouvernementales pour l’insertion des jeunes titulaires de diplômes supérieurs dans le secteur privé, ont été lancées. Trois programmes ambitieux ont été conçus pour permettre à plus de 200.000 jeunes diplômés d’adhérer aux chantiers économiques ouverts et, partant, intégrer la vie active. Il est question notamment des programmes « Idmaj », « Taahil » et « Moukawalati », dont les résultats sont pour le moins positifs jusqu’à présent. Saut pour le dernier chantier qui a buté sur la frilosité du secteur bancaire.
Il n’en reste pas moins que Idmaj a permis jusqu’à fin mai 2007 de générer plus de 50.000 opportunités d’emploi dans les différents secteurs productifs à travers le territoire national. L’initiative a permis aux titulaires des diplômes d’études supérieures et de formation professionnelle, en quête d’un premier emploi, de bénéficier d’une expérience professionnelle les qualifiant à s’insérer dans la vie active.
Le programme Taahil dont la finalité est d’améliorer l’employabilité des demandeurs d’emplois parmi les titulaires des diplômes à travers la formation-insertion et la formation qualifiante, a créé un total de 5.700 opportunités de formation dont 3.500 dans le cadre de la formation-insertion et 2.200 au titre de la formation-reconversion dans les différents secteurs productifs, notamment les métiers de l’offshoring.
Moukawalati a recueilli une large adhésion auprès des titulaires des diplômes avec plus de 11.400 candidats. 1.774 parmi eux ont achevé une formation dans le cadre de ce programme, alors que 929 d’autres sont en cours de formation. Toutes ces initiatives ont été couronnées par le dépôt de quelque 1.717 projets auprès des banques pour financement. Moukawalati étant la pièce maîtresse de cet arsenal gouvernemental de lutte contre le chômage. Le programme se trouve malheureusement pris en otage par le secteur bancaire. Les banques tardent à mettre en place, comme c’était convenu, un système d’information dédié aux dossiers Moukawalati, alors que l’Etat, lui, l’a déjà réalisé. Bref, les banquiers traiteraient les dossiers Moukawalati comme n’importe quel autre crédit. Et cela en favorisant la logique de rentabilité sans prise de risque. Une manière d’agir qui ne cadre nullement avec l’esprit de cette initiative. De même, les agences dans les régions ne semblent pas aborder la question avec le même enthousiasme exprimé par les décideurs au niveau des sièges. Résultat, après près d’une année de son lancement, moins de 1% des objectifs visés a été réalisé. Les chiffres arrêtés à mi-mai font état de seulement 200 projets concrétisés au cours des 11 derniers mois. Pourtant, le succès populaire était bien au rendez-vous.










