Le Maroc et l’Espagne reviennent de loin. De rapports quasi belliqueux en 2002 à des relations d’harmonie voire de complicité à certains égards, le chemin parcouru est très long. Aujourd’hui, «nous vivons un moment privilégié dans les relations entre le Maroc et l’Espagne», a lancé l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Luis Planas Puchades, lors de la rencontre-débat organisée, lundi 8 octobre, par ALM. Deux constats étayent cette assertion de l’ambassadeur. L’un subjectif a trait à la confiance qui caractérise les rapports entre les deux pays, depuis la montée au pouvoir dans le pays voisin du Parti socialiste ouvrier (PSOE). L’autre constat, objectif, a essentiellement trait à ce que l’ambassadeur qualifie d’«agenda bilatéral positif». Les deux pays ont pu surmonter les différences d’un passé très proche. «Un malentendu dû à l’ignorance, aux préjugés lourds à surpasser et au manque de communication», souligne M. Planas. Et de rassurer, «nous sommes en train de combattre d’un côté comme de l’autre pour réduire ces préjugés et trouver des méthodes de communiquer». Pour cela les deux parties ont élaboré un agenda bilatéral «positif». Un plan d’action tissé au fil des rencontres et réunions au niveau ministériel qui sont au nombre d’une centaine en seulement trois années, tenues entre les gouvernements des deux pays. La coopération englobe différents domaines et les rapports entre les deux pays ont dépassé le cadre bilatéral pour s’étendre aux rapports entre deux espaces régionaux, le Maghreb et l’union européenne. «La valeur ajoutée des relations entre le Maroc et l’Espagne se manifeste parce qu’elle dépasse le cadre purement bilatéral, pour constituer un pont reliant le Maroc à l’union européenne», affirme M. Planas. Que ce soit sur le volet politique, la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, la lutte contre l’émigration clandestine ou encore en matière de protection civile, un aspect des plus importants mais qui reste encore méconnu, les rapports Maroc-Espagne ont connu un bond en avant. Sur le plan politique, il va sans dire que l’attitude du pays voisin a fait preuve d’un tournant décisif. Aujourd’hui, le gouvernement de José Luis Zapatero appuie clairement le projet d’autonomie du Sahara présenté par le Maroc devant les Nations Unies. La coopération en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé est, en outre, l’un des aspects les plus saillants des relations entre les deux voisins. Les deux pays ayant été touchés, à Casablanca en mai 2003 et Madrid en mars 2004, ont coordonné leurs actions pour lutter contre le terrorisme islamiste et ont abouti au démantèlement de plusieurs cellules terroristes de part et d’autre du détroit de Gibraltar.
La lutte conjointe engagée contre le trafic de drogue et l’émigration clandestine a porté également ses fruits. Chiffres à l’appui. Les prises de drogue ont été réduites de moitié en seulement trois années et l’émigration clandestine a chuté de 75% entre 2004 et 2006.
La coopération de l’émigration organisée a permis d’insérer dans le marché du travail espagnol quelque 8200 personnes, dont 700 d’une manière permanente en 2006. Le nombre de contrats de travail prévus pour cette année s’élève à plus de 11.000.
À présent, «un grand défi nous attend. Celui de l’intégration. Le tout est de savoir comment réussir ce défi et permettre aux Marocains en Espagne de s’assurer une intégration complète et efficace», a affirmé M. Planas.
L’un des aspects où la coopération entre les deux pays est sans doute la plus avancée quoique le moins connu reste la protection civile, la lutte contre les incendies et la gestion du flux des Marocains qui traversent le détroit chaque année pour les vacances estivales. La grande transhumance a mobilisé, cette année, plus de 2,5 millions de personnes et 800.000 véhicules et s’est passée sans incident notoire. Les rapports entre les deux pays sont plus vastes et plus complexes. Sur le plan économique et commercial ou sur le plan de la coopération culturelle, technique ou sociale, des ponts sont jetés et les actions communes font référence. Le bilan de la période qui vient de s’écouler est «très positif», affirme l’ambassadeur. Mais ce n’est que le début d’une longue et riche étape.
| L’aide a quadruplé en 2007
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La coopération maroco-espagnole en chiffres
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