Chroniques

Mieux vaut en rire : Les néo-démocrates et les anti-Caire

© D.R

J’ai beau vouloir m’éloigner des sujets sérieux, ils s’accrochent à moi comme des plantes… accrocheuses. Je dois dire que j’aime beaucoup les plantes, mais dès que j’en aperçois une, je m’en approche, et clac, elle m’attrape et ne me lâche plus.

Alors, j’essaye de m’y intéresser, histoire de l’amadouer, mais, il n’y a rien à faire, je reste coincé. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais mon problème existentiel a toujours été de chercher le meilleur moyen de parler d’une manière légère et dérisoire de sujets costauds et consistants.

Et je vous avoue que je me plante à chaque fois. Le malheur c’est que je n’en tiens jamais rigueur, et je recommence toujours.  Je suis comme ça, quoi, et il faudra vous y faire. Parce que, voyez-vous, je n’ai pas du tout l’intention de changer. Du moins, tant qu’on me laisse faire. D’ailleurs, je ne remercierai jamais assez tous ceux  qui me permettent de me marrer tout en narrant des trucs pas toujours marrants.

Aujourd’hui, par exemple, j’ai envie de m’amuser un peu avec vous en traitant, je devrais dire en maltraitant, une thématique hautement élevée et particulièrement chaude, à savoir la démocratie et ce qu’on en fait de nos jours, et, surtout, dans nos contrées. En fait, c’est l’actualité qui m’a dicté ce sujet dont tout le monde parle tout le temps tout en disant tout et n’importe quoi. Je n’ai jamais prétendu être un spécialiste de la chose démocratique, mais le peu que j’en sais me permet quand même de distinguer un vrai démocrate d’un faux jeton.

Tenez ! Pour que personne ne se sente visé chez nous, je vais parler de ce qui vient de se passer chez nos amis égyptiens. D’ailleurs, j’ai été très agréablement surpris de constater comment mes compatriotes se sont intéressés à cette immense dynamique dans ce grand pays frère et néanmoins adversaire. Je dis ça juste pour rappeler que nous les Marocains, avec notre égo patriotique, n’avons jamais admis la prétendue supériorité de la soi-disant «mère du monde».

Mais, bon, ce n’est pas ça mon propos. Je voudrais plutôt vous faire part de ma réflexion sur la perception de certains mouvements politiques égyptiens du concept démocratique, concept qu’ils ont toujours rejeté sous prétexte qu’il serait un intrus dans notre «identité arabo-musulmane». Or, alors qu’ils ont été mis aux commandes grâce aux règles démocratiques, au lieu de les adopter avec gratitude, ils ont voulu les utiliser pour instaurer une autocratie qui n’avait plus rien à voir avec la plus minime des démocraties. Après, ils jouent aux outrés et se révoltent parce que ceux qui les ont élus les rappellent à l’ordre, en créant, c’est vrai, un joli et gros désordre.

Tout ça pour dire qu’à mon humble avis, la démocratie, ce n’est pas un moyen pour prendre le pouvoir au nom du peuple, mais, au contraire, pour donner ce pouvoir au peuple. Sinon, c’est ce même peuple qui risque d’utiliser tout ce qu’il a en son pouvoir pour remettre les choses à leur place. A mon avis de non expert, la démocratie, c’est un peu comme le mariage. Quand on n’est pas très sûr de pouvoir faire le bonheur de l’autre,  il vaut mieux rester célibataire. Sinon, c’est le divorce inéluctable. Une dernière précision : en démocratie, on n’admet pas la polygamie. Politique s’entend. Voilà. C’est mon avis et je le partage. Alors, si jamais vous pensez que je me suis planté encore une fois, sachez que je ne vais rien lâcher et que je continuerai de délirer. C’est ça aussi, la démocratie.

En attendant, comme c’est bientôt le Ramadan, je voudrais vous souhaiter, à tous et à toutes, que vous soyez à la fleur de l’âge ou encore tout jeune, un très bon jeûne et une délicieuse harira. A consommer toutefois avec modération. Bon week-end à tous et à toutes les vrai(e)s démocrates. Quant aux autres…