« Aves les mots, on marque le moment, avec les images, on le fixe». Une citation de Luis Scutenaire qui garnit l’entrée de la Fondation Alliances à Casablanca et reflète bien le credo de cet établissement qui veille à dénicher de jeunes artistes photographes pour exhiber leurs œuvres. Mardi 4 février, ladite fondation a lancé dans son espace «La chambre claire» empruntée de Roland Barthes, une deuxième exposition appelée «In motion» au profit du jeune casablancais, Fayssal Zaoui.
«On ressentait le besoin d’aider des jeunes artistes photographes en gestation afin qu’ils émergent et trouvent un public. D’où l’intérêt de cet événement bi-annuel», explique à ALM la directrice générale de la Fondation. Selon Alexandra Balafrej, la particularité de cet artiste, dont le choix s’est fait suite à un appel à candidatures et à la sélection d’un jury très pointu, c’est sa capacité à capter des moments qui peuvent passer inaperçus alors qu’ils marquent notre quotidien.
Chose qui se manifeste sur les œuvres de Fayssal Zaoui. D’ailleurs, à quelques pas de l’entrée, le visiteur est accueilli par trois photographies révélant un homme d’un certain âge «dans tous ses états». Dans un autre coin de «La chambre claire», quatre photographies, entre autres, zooment sur un jeune dans ses différents moments de joie. «Ces œuvres, qui rendent hommage à la ville de Casablanca, fusionnent entre le côté traditionnel et urbain ainsi que le côté jeune», précise l’artiste.
Dans une autre pièce de l’espace d’exposition, un montage photographique sonore est également défilé. «Le tournage s’est fait dans la ferraille et le marché de gros entre autres. On parle rarement des gens qui y circulent, cette vidéo est une manière de les écouter», révèle Fayssal Zaoui. Cette bande traduit aussi l’inspiration que l’artiste puise dans l’effervescence de sa ville natale singulière par la multiplicité des univers qui y coexistent.
La démarche de l’artiste, âgé de 27 ans, et des initiateurs est salutaire. Mais encore faut-il que les Marocains aient une culture de l’image. De leur côté, les organisateurs, qui concoctent un projet de musée, caressent l’espoir de l’instaurer grâce à leur initiative. Fayssal Zaoui, lui, estime: «Aujourd’hui, on vit dans un monde d’images. C’est pourquoi il faudrait inculquer cette culture, à commencer par l’école». Une manière d’inciter les générations futures à tirer profit de la chance qui peut leur être donnée puisque Fayssal Zaoui, né à Hay Mohammadi, n’a pas eu l’occasion de poursuivre des études artistiques.
Outre cette exposition, l’artiste, sensible à son environnement, est en phase d’écriture de son premier film documentaire. Un projet qui lui tient énormément à cœur!









