Société

«Citoyens du Maroc» dénonce la faillite de l’éducation nationale: De nouveaux paradigmes proposés

© D.R

Le système éducatif du Maroc n’arrive pas à décoller. Les multiples réformes menées n’ont toujours pas abouti au redressement du secteur. Et pour cause : l’absence de suivi et de suite gouvernementale des plans engagés. Ce constat qui se fait au quotidien par le grand public est officiellement appuyé par un collectif de la société civile. L’association «Citoyens du Maroc», qui a tenu vendredi dernier une rencontre dans ce sens, pointe du doigt la faillite de l’éducation nationale, due principalement au «parachutage» de nouveaux concepts et à la montée des intérêts «corporatistes».

Une responsabilité partagée entre l’État, les syndicats, les enseignants et même les parents d’élèves. En débattant de cette situation, les représentants de l’association ont signalé que le gouvernement actuel s’inscrit dans cette «inconstance des politiques». L’association fait référence aux nouvelles idées qui ont été proposées ces dernières années au moment où d’autres chantiers ont été sitôt suspendus. Citons, dans ce sens, le projet de la pédagogie de l’intégration ou encore celui des lycées de référence et d’excellence qui ont été interrompus suite à l’avènement du nouveau gouvernement avant qu’il revienne sur certaines décisions. Le collectif a par ailleurs déploré le perpétuel changement du directoire de l’éducation nationale entravant ainsi la maturité et l’efficience de cette administration.

La rupture des visions a un impact considérable sur les plans civique et économique. La population âgée entre 15 et 29 ans peine toujours à s’intégrer dans la vie économique. «Les élèves performants sont une espèce de plus en plus rare tandis que les sortants sans qualifications sont légion. De son côté, l’abandon scolaire n’est que très peu endigué par la formation professionnelle», clament les «Citoyens du Maroc».

50 experts pour un système pluriel

Dans le souci d’insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur, l’association a rendu publics les résultats de son étude. Le dispositif tend à proposer de nouveau paradigme afin d’assainir le système actuel et rehausser le niveau de l’éducation nationale. L’étude menée sur une durée de deux ans a connu la participation d’une cinquantaine d’experts nationaux et internationaux. Premier enseignement tiré : la création en urgence d’un système pluriel. «Le gouvernement doit créer les conditions de l’émergence d’autres types d’offres éducatives. Des offres mixtes faisant intervenir des opérateurs extérieurs sous la régulation de l’État», apprend-on des «Citoyens du Maroc». L’association appelle donc à muter le rôle de l’État vers la régulation de l’offre éducative, intervenant ainsi sur la qualité de l’éducation proposée et les tarifs appliqués dans le secteur privé-payant. Le gouvernement est ainsi appelé à créer des conditions d’émergence d’autres variantes d’offres éducatives. La mixité des propositions, sous la régulation de l’État, impliquera donc des opérateurs externes. Une coalition qui apporterait ainsi une nouvelle vision et un nouveau souffle.

Assainissement et gouvernance sont de mise

La gouvernance devrait, selon les Citoyens du Maroc, être rénovée. Ceci passerait par la rentrée en vigueur d’une loi-cadre fixant le cap sur un horizon de 10 à 20 ans imposant une évaluation quinquennale. En termes de gouvernance, l’association plaide pour «la séparation des pouvoirs entre les organes de la politique éducative, de la planification stratégique, du contrôle et de l’évaluation et des organes d’exécution opérationnelle».

Les «Citoyens du Maroc» œuvre par ailleurs à enclencher un projet structurel d’assainissement du système éducatif actuel. «Ce projet doit agir sur les nœuds de non-qualité, avec une approche projet (Project Management Office) garante de la bonne mise en œuvre des chantiers identifiés», explique le collectif.

«Citoyens du Maroc» exige l’installation de ce dispositif de conduite de changement à l’extérieur du système éducatif actuel, mobilisant dans ce sens des «personnes-relais» et des acteurs locaux contributeurs au déploiement de la nouvelle vision.