«C’est en gagnant de l’argent que nos structures continuent d’exister », avancent systématiquement les banquiers quand on leur demande de nous éclairer sur les raisons qui les empêchent de baisser les taux débiteurs pratiqués et d’assouplir les conditions draconiennes d’octroi des crédits.
Ce dogme du métier bancaire auquel s’attachent les seigneurs de la profession ne tient plus la route. Il est un temps où ils ont gagné de l’argent, beaucoup d’argent même. Le temps ou le système bancaire entier était administré par les autorités de tutelle.
Pendant longtemps, les pouvoirs publics ont protégé les banques pour leur laisser le temps de se moderniser et acquérir la taille et la technicité qui leur permettront de gagner le pari d’ouverture. Mais, semble-t-il, qui leur ont laissé beaucoup de temps. À tel point qu’elles se sont habituées aux gains importants et faciles. Elles se sont modernisées certes, mais leurs pratiques sont restées les mêmes.
Les autorités de tutelle ont engagé des réformes monétaires de fond pour favoriser le financement de l’économie. Elles ont adopté diverses mesures influençant directement les variables financières qui déterminent le coût de l’argent des banques.
Aujourd’hui, le résultat ne trompe personne : les banques ont des ressources importantes, mais elles les placent essentiellement sur le marché monétaire. Elles acquièrent des bons de trésor et concluent des contrats de prêt ou d’emprunt sur le marché interbancaire. Quand le trésor n’est plus de la partie, le marché connaît une sur-liquidité qui l’étrangle.
C’est cette situation qui perdure depuis deux ans. Mais paradoxalement, cette situation n’a pas favorisé les engagements des banques en faveur de l’économie. Semble-t-il que les activités de crédit et de financement des investissements ne les intéressent plus. Sinon à des niveaux de taux, qualifiés d’exorbitants.
Les banquiers avancent que les risques sont élevés et qu’en retour, ils doivent les rémunérer. Mais à quel prix ? Le prix est déterminé par le coût des charges engagées. Bref, elles s’offrent le luxe des apparences. Rien de plus. Elles n’arrivent toujours pas ou ne veulent pas délaisser «Le train de vie» auquel elles se sont habituées. Il reste que les opérateurs économiques ne perdent pas espoir dans la volonté des banques sous l’impulsion des pouvoirs publics à revoir leurs pratiques en matière d’octroi de crédit. Ce n’est pas gagné d’avance.
La réflexion est en cours au sein des états-majors des établissements bancaires, mais il n’est pas sûr qu’elle débouchera sur des actions concrètes.








