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Quand le mort saisit le vif

Les partis du Wifak se mettent en ordre de marche pour les prochaines législatives. Les états-majors mobilisent leurs troupes en jaugeant leurs forces et leurs faiblesses dans telle ou telle province. La partie s’annonce très rude pour tout le monde avec le nouveau mode de scrutin par liste qui, ce n’est pas la moindre difficulté, institue des circonscriptions plus vastes à forte concentration d’électeurs.
Le Mouvement Populaire, qui mise énormément sur son alliance électorale avec le MNP, affiche un visage serein. Les responsables régionaux ont d’ores et déjà reçu une lettre leur expliquant les modalités du choix des candidats et les invitant à réunir les instances régionales pour collecter les candidatures. Pour les circonscriptions qui posent problème et convoitées par plusieurs prétendants, le MP a décrété une série de critères qui donnent la préférence à ceux qui ont un plus : le degré de militance, l’ancienneté, le statut (ex-ministre ou député sortant). Les points noirs pour le MP, selon l’expression d’un ténor, sont situés à Khénifra, Azilal, Tanger, Béni-Mellal et Fès. Ici, le parti aura fort à faire pour départager les différents prétendants aux premières loges.
À Azilal par exemple, province dotée de deux circonscriptions et de 6 sièges dans le projet du nouveau découpage, la tête de liste dans l’une des circonscriptions reviendra à Amine Demnati, ex-ministre de l’Emploi, selon les conditions de sélection imposées par le parti. Pourvu que la discipline soit au rendez-vous. Ce qui n’est pas facile, compte tenu des ambitions personnelles des uns et des autres. En tout cas, Mohand Laenser et ses amis envisagent les choses avec sérénité. “Avec le rapprochement électoral MP, MNP, nous visons 18 à 20% des sièges », confie un membre influent du parti. Il ajoute: “Ce n’est pas de la vanité de notre part. La mouvance populaire a toujours été une force politique au Maroc ».
Prudent, le PND, lui, évite d’afficher ses prétentions électorales en termes de “parts de marché ». Son secrétaire général, Abdallah Kadiri, se contente de nous déclarer : “ Nous sommes sur le terrain depuis un an. Nous sommes allés à la rencontre des militants et des citoyens dans les provinces pour préparer les dossiers de candidature et recruter en même temps de nouveaux éléments ». Selon M. Kadiri, le problème des têtes de liste ne va pas se poser pour sa formation. “Ce sont les fédérations qui ont la charge de recueillir les différentes demandes de candidatures, ajoute le patron du PND. Une commission de sélection sera centralisée au niveau du parti. Quant au choix définitif des candidats, il revient en dernière instance au Bureau politique.
Quant à l’UC, elle se distingue par une fébrilité excessive qui ressemble à de la panique. La prestation télévisée sur 2M du secrétaire général Mohamed Abied n’a guère arrangé les choses. Un discours inutilement agressif et une colère disproportionnée, non justifiée et contre-productive ont marqué cette sortie télévisuelle calamiteuse très loin de la bonhomie habituelle de Mohammed Abied. En outre, la présence de Mohamed Kemmou, un homme du passé, parmi les invités a été assimilée par les observateurs comme une manière de remettre en selle, d’une manière ostentatoire, à quelques mois des élections, un homme tombé en disgrâce politique. Un cadeau inestimable pour l’ex-président de la commune de Hay Hassani qui voudrait prendre, avec l’aide de quelques nostalgiques, les manettes électorales dans cette circonscription. S’érigeant en porte-parole de fait de l’UC, Mohamed Labsir, quant à lui, monte depuis quelque temps au créneau pour proférer à la télévision des imprécations puériles sans, bien évidemment, le talent oratoire légendaire de feu Maâti Bouabid ou de feu Abdelatif Semlali.
Aurait-il oublié sa genèse politique et par quelle alchimie administrative il est advenu à la vie publique ? Celui qui a été parachuté, par les puissants de l’époque, à l’UC et avait pris, par défaut, la tête du chef du groupe du parti à la première Chambre fait face actuellement à une fronde des conseillers du conseil municipal de Hay Mohammadi à Casablanca dont il est président. Comme patron de région du Grand Casablanca, un autre poste qu’il occupe par miracle, il brille par une absence sidérante depuis l’arrivée en juillet dernier de Driss Benhima dont il est devenu, apparemment, le vassal docile et l’exécutant obligé. M. Labsir n’a de cesse de parler du Maroc nouveau – un défenseur incongru de ce concept – alors qu’il est, paradoxalement, l’incarnation politique la plus caricaturale du Maroc ancien. Décidément l’UC a encore du chemin à faire tant qu’elle n’a pas définitivement réussi sa catharsis «administrative» et exorcisé totalement les démons du passé. L’avenir pour ce parti est à ce prix.

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