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Sharon : Objectifs atteints aux USA

Lors de ses entretiens avec le Premier ministre israélien, le président américain a déclaré ne «pas avoir confiance dans le gouvernement palestinien naissant» et a réaffirmé le droit des Israéliens à se défendre contre la violence. Ce qui a fait réagir Yasser Abed Rabbo, le ministre palestinien de l’Information qui a indiqué que «les pays arabes doivent se réunir d’urgence au cours d’un sommet pour discuter de l’appui total des Américains à Israël».
Abed Rabbo, qui a été reconduit dimanche dans ses fonctions à l’occasion d’un remaniement ministériel, a ajouté que «c’est une honte que Bush dise ne pas avoir confiance en notre nouveau gouvernement qui n’a pu tenir sa première réunion lundi en raison de l’occupation israélienne» de Ramallah. Et de déplorer que Bush adopte «la même position que Sharon» et soutienne sa politique d’occupation. «C’est une preuve que nous ne pouvons pas avoir confiance en cette administration (américaine) qui a violé ses engagements et ses promesses» faites aux pays arabes, a-t-il encore affirmé. Les espoirs d’une relance rapide du processus de paix après vingt mois d’Intifada se sont en effet rapidement estompés après la rencontre entre George Bush et Ariel Sharon, malgré l’annonce d’un remaniement gouvernemental palestinien.
Le président américain a exprimé de vives réserves sur ce remaniement et estimé que les conditions n’étaient pas mûres pour une conférence régionale sur le Proche-Orient envisagée pour cet été par Washington. «Personne n’a confiance dans le gouvernement palestinien naissant. La première condition indispensable c’est que les institutions (palestiniennes) redonnent confiance au peuple palestinien et convainquent les Israéliens qu’ils peuvent le considérer comme un partenaire pour des négociations», a-t-il dit.
Un haut responsable israélien a déclaré après la rencontre de la Maison-Blanche que Sharon estimait avoir atteint ses objectifs à Washington. «La rencontre a été bonne, amicale et même davantage, et nous avons obtenu ce que nous voulions», a affirmé le Premier ministre, selon ce responsable. Il s’est notamment félicité du «resserrement des liens d’amitié», du constat désormais acquis de «la nécessité de réformes chez les Palestiniens», et du désaveu d’Arafat par les Américains. «Evidemment nous voulons parvenir à la paix au Proche-Orient, mais pour cela il nous faut d’abord avoir la sécurité, ce qui passe par l’arrêt total du terrorisme et des incitations à la violence», avait noté à ce sujet Ariel Sharon, lors d’une brève conférence de presse dans le bureau ovale de la Maison-Blanche. Il avait aussi rappelé devant M. Bush que M. Arafat n’était plus à ses yeux un interlocuteur valable. «Il faut naturellement un partenaire pour des négociations et pour l’instant, nous n’en voyons pas», a-t-il souligné. M. Bush avait affirmé pour sa part «rester déçu par M. Arafat qui n’a pas su être un dirigeant à la hauteur des espoirs et de la confiance du peuple palestinien». Mardi matin, l’armée israélienne continuait d’imposer le couvre-feu sur Ramallah, où elle encerclait toujours le QG du président de l’Autorité palestinienne.

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