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Le message du président algérien

« Monsieur le secrétaire général et cher ami, Depuis la démission de votre envoyé spécial pour le Sahara occidental, M. James Baker, il est fait état dans certains milieux, et avec insistance, de démarches, d’initiatives et de suggestions diverses en rapport avec la question du Sahara occidental et avec le développement des relations algéro-marocaines.
Je dois vous dire, tout d’abord, que je regrette profondément la démission de M. James Baker, qui s’était dévoué à trouver un règlement satisfaisant à un problème qui se pose depuis maintenant une trentaine d’années. Je le regrette d’autant plus que M. Baker était parvenu à faire avancer sa solution jusqu’à présenter des suggestions unanimement approuvées par le conseil de sécurité et que la bonne volonté des deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, aurait pu transformer en règlement définitif.
L’objet de ma lettre est de vous préciser, à nouveau, la position algérienne en ce qui concerne le problème du Sahara occidental et également les relations bilatérales algéro-marocaines. L’Algérie continue de considérer la question du Sahara occidental comme un problème de décolonisation, déjà pris en charge en tant que tel par les Nations-Unies, et devant trouver son dénouement à travers l’exercice de son droit à l’autodétermination par le peuple sahraoui. La position de l’Algérie repose donc sur la légalité internationale et reflète les engagements de l’Algérie en tant que membre des Nations-Unies.
Ce conflit mettant en cause le peuple sahraoui et la puissance occupante, c’est-à-dire le Maroc, tout règlement doit nécessairement intervenir par accord entre ces deux parties. Nous considérons donc comme un procédé purement dilatoire toute tentative d’inscrire le problème du Sahara occidental dans un contexte algéro-marocain, car l’Algérie ne peut ni ne veut se substituer au peuple sahraoui dans la détermination de son avenir. En ce qui concerne les relations bilatérales entre l’Algérie et le Maroc, je puis vous assurer une fois encore, d’abord de notre volonté sincère de les développer et de les élargir le plus possible, ensuite de ce que nous n’opposons aucune condition préalable à ce développement.
Nous considérons de plus qu’il n’y a aucune raison pour que la question du Sahara occidental interfère dans nos rapports avec le Maroc, l’Algérie n’ayant pas une part directe à ce conflit et, comme je l’ai réaffirmé plus haut, l’Algérie ne se comportant à ce sujet que comme un membre des Nations-Unies, soucieux du respect et de l’application des principes de la Charte des Nations-Unies.
Ayant ainsi clarifié la positon algérienne sur ces deux points qui semblent donner lieu à certaines spéculations, je vous prie d’agréer, M. le secrétaire général et cher ami, les assurances de ma très haute et cordiale considération ».