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La traque la plus longue

Estomaquées, les autorités marocaines ont découvert que les monstres enfantés par Oussama Ben Laden un peu partout à travers le monde sommeillent aussi dans le Royaume, attendant le moment opportun pour semer la mort et la zizanie. Le loup s’est introduit dans la bergerie, prêt à sévir. L’horreur. En apprenant que le pays est menacé par les réseaux d’Al Qaeda, le patron de la gendarmerie royale Housni Benslimane a eu ce cri de coeur qui en dit long sur l’inquiétude ambiante.
C’était lors d’une réunion de crise qui a rassemblé à l’état-major à Rabat ses proches collaborateurs les hauts gradés de ce corps de sécurité : “ Le Maroc n’est plus à l’abri du terrorisme. Nous sommes face à une véritable hydre qui exige de nous plus de vigilance et de moyens“.
Cette affaire gravissime a donné des insomnies aux agents de la DST (Direction de surveillance du Territoire) dont le quartier général a pris l’allure d’un bâtiment de guerre . Première action, il fallait identifier Zouhaïr grâce au portrait-robot dressé à partir du descriptif fourni par un des Afghans marocains détenu à Guantanamo, à Cuba. La tâche était d’autant plus difficile que cet informateur ne connaissait que le nom de guerre de Zouhaïr (Sami).
Après avoir diffusé le portrait auprès des services de renseignement dans toutes les villes du pays, on apprendra que Sami avait fait un passage dans la région de l’Oriental. Ouf de soulagement. La traque peut commencer. Les fins limiers de la DST font feu de tout bois : chaque détail troublant, chaque témoignage intéressant déclenche illico la mobilisation des enquêteurs. Rien n’était laissé au hasard. On a passé au crible sur l’ensemble du territoire national des hôtels classés et non classés, des quartiers entiers, des maisons, des voitures. Un travail de fourmi qui a nécessité plusieurs mois et des énergies incroyables. Identifiés puis filés, les terroristes ne furent interpellés que lorsque deux d’entre eux s’apprêtaient, le11 mai, à quitter le pays, signe qu’un deuxième commando allait prendre le relais pour passer à l’acte. Le troisième sera arrêté à son tour trois jours plus tard, à Agadir. Ainsi, les services marocains, sous la férule de hamidou Laânigri, avec la collaboration de leurs homologues américains, ont réussi à prévenir l’opération Gibraltar et sauver ainsi plusieurs vies humaines. Lors des perquisitions menées chez les adeptes de la Salafia Jihadia au Maroc, les enquêteurs ont saisi la littérature talibane dont des correspondances du Mollah Omar au sujet des Bouddhas de Bamyan que celui-ci avait fait détruire contre la volonté de la communauté internationale.

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