Il y a un peu plus d’un mois, le gestionnaire délégué de l’eau, l’électricité et l’assainissement liquide de Tanger-tétouan, Amendis, a contracté un accord de financement à long terme de 940 millions de dirhams avec un groupement des principales banques marocaines, avec pour co-chefs de file, la BCM et la BMCE Bank.
Les participations de chaque banque s’élèvent à 220 millions de DH pour la BCM, 220 millions pour la BMCE Bank, 150 millions pour la BCP, 100 millions pour le Crédit du Maroc et 80 millions pour la SGMB.
Ce financement contribuera, avec l’apport en capital des actionnaires (Veolia Water, ONA, SOMED et Hydro Québec), à réaliser les objectifs fixés par Amendis dont le plan d’action prévoit l’organisation de la collecte des eaux usées pour réserver la qualité de l’environnement en particulier, des littoraux de Tanger et Tétouan et prévenir les risques d’inondations en temps de pluie. Des aspects dont la ville a hautement besoin. En fait, bon nombre d’investisseurs étrangers, essentiellement dans le domaine touristique, ont exprimé la nécessité, pour les pouvoirs publics et le gestionnaire délégué, de prendre en charge le problème de l’assainissement liquide. En somme, aucun Tangérois ne peut remettre en cause cette nécessité. Par contre, l’emplacement du projet et ses conséquences sur le bien-être des populations sont aussi importants que les considérations purement techniques dans le choix du site.
Ainsi, on ignore où seront placés les postes de pompage qui évacueront les eaux usées jusqu’à la station d’épuration. Dans l’étape de pré-traitement, le problème risque de se poser pour les matières flottantes comme les huiles et les graisses. Elles sont entraînées par les bulles d’air à la surface d‘un dessableur-dégraisseur d’où elles sont enlevées par un racleur de surface. Normalement, les écumes ainsi récoltées sont ensuite acheminées vers les bassins de boues pour y être mélangées. Si le savoir-faire d’Amendis ne fait pas de doute en matière d’épuration des eaux, les habitants sont en droit de se demander si l’utilisation de produits physico-chimique, essentiellement dans l’étape appelée de « floculation-décantation », a une quelconque conséquence sur leur qualité de vie et sur l’environnement de la baie de Tanger. Dans bon nombre de stations d’épuration à travers le monde, les eaux usées sont désinfectées par rayonnement ultraviolet avant leur rejet en mer. Le rayonnement ultraviolet assure l’élimination des micro-organismes pathogènes avant le déversement des eaux épurées.
Autres inconnues: le sort des boues et des odeurs. Après une série de traitements, les boues sont transportées vers des sites de valorisation par compostage ou d’enfouissement sanitaire. Quant aux odeurs, le seul moyen d’y remédier et d’installer les bassins et les équipements de la station à l’intérieur des bâtiments.









