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USA : Le poids des lobbies

Le ressentiment recrudescent à l’égard des Etats-Unis n’est pas fortuit, tout comme il n’est pas propre au monde arabo-musulman. Les dernières années ont été marquées par une expansion de ce sentiment disgracieux à travers le monde. Peu importe le continent ou la confession, la même animosité est manifeste aux quatre coins du globe.
L’invasion de l’Irak aura, à elle seule, permis à l’antiaméricanisme de barder ses épaulettes en galons. Le choix unilatéral d’envahir le pays du Tigre et de l’Euphrate a propagé une onde de mécontentement sur tous les continents. L’enjeu était de taille : l’opposition à la guerre universelle, mais la toute puissante Amérique a fini par mettre ses plans à exécution, balayant d’un vulgaire revers de main la volonté de ses citoyens et celle des autres peuples.
George W. Bush n’a pas été intimidé outre mesure par les sommations des Américains, dont il est censé défendre la volonté. Cependant, aussi puissant que puisse être le président américain, ses engagements pré-électoraux font de lui une espèce d’automate. Ceci le ravale à l’état d’une marionnette, mettant tous les pouvoirs que le système constitutionnel lui concède au service de groupes de pression. Ceux-là même qui, à coup de capitaux colossaux, lui ont assuré le strapontin qu’il occupe durant son mandat. Pour ces lobbies, cela représente un investissement très porteur car leurs désirs seront, désormais, assimilés à des ordres, tout court. N’ayant aucune possibilité de monter une quelconque ingratitude envers ses bienfaiteurs, le président se doit donc de s’aligner sur leurs positions, quitte à ce que cela lui coûte quelques escarmouches avec ses concitoyens, ou, comme ce fut le cas lors de l’invasion de l’Irak, à l’échelle internationale.
Du coup, c’est une redoutable machine, chapeautée par les puissantes institutions américaines, qui est mise à la disposition de ces lobbies et à leurs convoitises. L’existence de lobbies n’est un secret pour personne. Ces groupes de pression sont officiellement reconnus, leur influence et le poids qu’ils représentent n’étant ni réfutés ni occultés.
Cependant, le jeu qui se faisait en douce auparavant se fait aujourd’hui de façon flagrante et arrogante. L’Administration Bush a fait de ces deux ingrédients sa façon d’agir, contre tout avis quel qu’il soit. Ce comportement empreint de mépris n’a eu d’autres alternatives que d’attiser l’animosité des masses et accentuer leur sentiment d’opprimés.
Le sondage effectué par Zogby International est là pour confirmer, si besoin est, la frustration générée par ce nouvel ordre mondial. George W. Bush est, aujourd’hui, l’un des hommes les plus détestés de la planète. En revanche, les dirigeants ayant eu l’audace et la justesse de s’opposer à la politique américaine s’en trouvent adulés. C’est le cas du président français ,Jacques Chirac, dont les prises de position impartiales lui ont valu le statut de tête de liste des personnes appréciées à travers le monde, notamment le monde arabe.
L’arrogance de l’Administration américaine a, cependant, occasionné une appréciation particulière pour tous ceux qui s’opposent aux Etats-Unis, même lorsqu’ils usent de moyens inacceptables, telle la terreur. Ainsi, Oussama Ben Laden se positionne-t-il très bien dans la pyramide des personnes les plus appréciées.
Cependant, la majorité de ses admirateurs ne font pas l’unanimité sur les actes qu’il a instigués. Ils sont généralement contre le terrorisme, mais l’absence de tout contre-poids à la politique étrangère américaine, et principalement le fait de défier la toute puissante Amérique, a pour effet de susciter une admiration pour le plus grand terroriste de tous les temps.