Société

Courrier-des-lecteurs : « Certes… tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans » !…

La formule est dite dans un reportage diffusé lors d’un journal télévisé d’une chaîne de télévision française, par un jeune étudiant d’une université américaine.
Laissons de côté l’ignare qui l’a prononcée, mais la formule choque, fait mouche, née nauséabonde qu’elle fut conçue, par un esprit roublard, exérable et nauséeux ; formule gratuite, éjectée, vomie dans une complicité détestable, sécrétée pour être reprise, même par les plus sagaces.
Le problème est comment combattre de perfides et déloyales insinuations???
Suffit-il de rappeler que Ravaillac a bel et bien existé?
Que l’IRA et autres ETA ont une triste et longue comptabilité morbide? Que Kennedy et Lincoln ont malheureusement été assassinés? Que le 19 avril 1995, un obscur Timothy Mc Veigh, a utilisé la première bombe terroriste à “destruction massive”, en plein Oklahoma-city? Que la bande à Baader, Action Direct, les Brigades Rouges ne connaissent pas l’Islam? Que les Pogroms, les ratonnades, les réserves des Sioux, Apaches et autres indiens, les pendaisons d’esclaves noirs organisées avec ou sans la justice du sud-américain, les liquidations, l’abrutissement et le confinement des aborigènes, tous ne sont pas les conséquences d’un cruel sermon d’un Imam de la banlieue parisienne? Qu’un certain Lawrence dit d’Arabie, dans cet Orient arabe, encore sous le joug ottoman, a décidé de l’avènement de rois, de la création de nouveaux Etats et a tracé, au cordeau, les frontières de nouveaux pays, traînant anarchies, terreur, meurtres, révoltes et malheurs avec un déplorable cortège de veuves et d’orphelins? Et de grâce, pas un mot sur l’action du monde soviétique et ne parlons pas d’Hitler et de ses fours crématoires… et autres “gracieusités” qui ont duré des dizaines voire des centaines d’années…
Tout cela est balayé d’un revers de main,en une formule et il n’y a plus sur terre que le musulman!!! On oublie que la gangrène sommeille là où on ne la soupçonne pas, et telle l’eau, elle s’infiltre partout, questions de périodes, dures et difficiles ; questions d’environnement, abrutissant et abêtissant ; questions d’idéologies, plus ou moins funestes, plus au moins cruelles.
Et nous? Nous ! Nous subissons! … Et, aussi curieusement nous facilitons l’activisme ordonnancé et programmé de nos dénigreurs.
A l’orée de notre espace, les zélés de la communication se baladent, ça et là, un panier de crabes, plein d’expressions grossières et malséantes. Chez nous, en notant un plus chez nos frères de l’ancien Empire arabe ottoman, la recette pour valoriser notre image s’apparente à un pugilat au quotidien… suivez une chaîne arabe telle qu’El Jazira : A qui insulte le mieux! Les débats sont biaisés ; les propos de l’interlocuteur sont rejetés avant qu’ils ne soient exprimés et les pensées sont toutes des pensées uniques, sacralisées à l’outrance, origines de la négation et le refus de l’autre!
Nous endurons l’absence d’une réelle fraternité, voire simplement de l’amitié de notre voisin de pallier ; et dans notre société arabo-musulmane qui se complait, qui se vautre dans une extrême-droite pire que l’extrême droite occidentale, nous sommes sans indulgence, les uns vis-à-vis des autres.
Et donc, toujours dans notre société, devenuenettement individualiste malgré les préceptes de notre religion, nos excès génèrent les rejets où croît une communauté des exclus, vivier où se recrutent ceux qui ont concédé à un obscur potache, douillet dans son pays, une jactance, disséminant dans des cervelles bien vaporeuses, les germes des haines, des rancunes, des agressivités et de la vengeance. Et alors, la solution, où se niche-t-elle?
D’abord en nous, en laissant de côté un jour, l’apprentissage d’une société de loups, avides et vides. Ce jour-là, l’étudiant ignare ou les personnes de son acabit, qui ne me connaissent pas, qui ne vous connaissent pas, avant de proférer leur médisant poison, se poseront d’abord une question : ces Arabes, ces musulmans qui sont-ils réellement?
Pour l’instant, tenter de le leur expliquer, reste un fastidieux exercice : leur crâne est encombré; et, de notre coté, notre voix ne porte pas bien loin, car nos immatures invectives saturent les ondes!!!

• Driss El Idrissi