Il fait très chaud en Corse au sens propre et au figuré. Depuis plusieurs mois, la communauté maghrébine de l’île de Beauté est la cible d’actes racistes et d’actions de vandalisme qui, loin de s’arrêter, connaissent une recrudescence inquiétante.
Inscriptions xénophobes sur les murs, destruction de magasins et commerces, attentats à l’explosif contre les maisons et les voitures…
Apparemment, il ne s’agit pas d’actes isolés car une obscure organisation du nom de “Clandestini Corsi“ a expliqué récemment dans un communiqué adressé aux rédactions des journaux locaux que : “Nous sommes en droit de ne pas accepter ce type de population et les plus réticents seront éliminés physiquement“. Une déclaration suintant la haine dont les auteurs ne font pas mystère de leurs intentions : casser du Maghrébin pour le chasser de l’île.
Cette campagne de violence a visé particulièrement les Marocains qui vivent désormais dans un climat de terreur. Ils ont peur. Pis, ils se sentent seuls. Pris au piège. Un piège qui ne dit pas son nom. Ne sachant quelles mesures prendre pour se protéger contre cette vague de violence sans précédent qui n’a pas épargné jusqu’au consulat du Royaume à Bastia dont le drapeau national a été brûlé.
Si la presse locale et les médias de France se sont fait l’écho de ce qui ressemble à une chasse anti-marocaine rapportant des déclarations de certains responsables à Ajaccio scandalisés par cette dérive raciste , les officiels marocains à Rabat n’ont pas, quant à eux, réagi publiquement. Silence radio ! Ni le ministère des Affaires étrangères, ni le département chargé des MRE n’ont cru nécessaire d’éclairer l’opinion sur le calvaire vécu par nos compatriotes en Corse. Pas même un communiqué d’indignation, encore moins un déplacement sur l’île pour tenter de savoir de quoi il retourne et s’enquérir de la situation des victimes des agressions. Tout se passe comme si le sort de ces dernières ne les intéressait pas.
Faut-il attendre que des meurtres soient commis dans une orgie de violence de grande ampleur similaire à celle d’El Ejido en Espagne en 2000 pour que les responsables marocains sortent enfin de leur réserve ? En tout cas, une telle indifférence est pour le moins étonnante. Y aurait-il des MRE plus égaux que les autres ? La diplomatie marocaine ne serait-elle pas formatée que pour les immigrés concernés par le retour au bercail dans la joie et l’allégresse ? Celle-ci est-elle incapable de se déployer en cas de détresse des Marocains de l’étranger ? Les Marocains de Côte d’Ivoire et d’Irak, deux pays en proie à des situations de guerre, n’ont pas en tout cas, eu le sentiment d’avoir été protégés.
C’est dans les moments difficiles à l’image de ceux traversés actuellement par les Marocains de Corse qu’une communauté expatriée a besoin plus que jamais de ses représentants, ne serait-ce que pour lui faire sentir qu’elle n’est pas abandonnée ?
Et pourtant, le gouvernement actuel compte un portefeuille dédié aux MRE. Il semble que son titulaire, l’USFP Nouzha Chekrouni, n’est même pas au courant des souffrances de ses concitoyens en Corse !









