Les 3.000 membres du Comité central du Likoud ont soutenu mercredi soir à 58 % une motion visant à interdire à Sharon de permettre aux Travaillistes d’entrer au gouvernement. Mais malgré cet échec, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, continuera quand même à agir pour mener à bien son plan de retrait de la bande de Gaza à la fin 2005. « Le Premier ministre va poursuivre l’application de son plan avec le même calendrier prévu pour le retrait de Gaza, les contacts avec les Egyptiens vont continuer, de même que la construction de la barrière de sécurité (en Cisjordanie) », a affirmé à l’AFP un haut responsable israélien. Sharon, qui avait ignoré un précédent référendum organisé au sein du Likoud, en mai, sur sa décision de démanteler la totalité des colonies juives de Gaza, et quelques autres à la Cisjordanie, continue de résister.
Il a fait valoir qu’en l’absence de toute initiative de la part d’Israël pour mettre fin aux violences qui l’opposent depuis près de quatre ans aux Palestiniens, l’Etat hébreu s’expose à une solution imposée de l’extérieur, qui pourrait mettre en péril sa sécurité en le contraignant à quitter totalement certains territoires.D’un autre côté, les sondages ont révélé qu’une majorité d’Israéliens sont favorables à une évacuation des colons juifs de la bande de Gaza. Ils considèrent en effet ce territoire comme un fardeau, tandis que les ultras du Likoud estiment que renoncer à des territoires pris par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1967 reviendrait à «récompenser le terrorisme palestinien». Ce coup est le troisième infligé au Premier ministre israélien par son propre parti depuis son élection en février 2001. Quelque 843 délégués contre 612 ont voté pour la résolution des durs du Likoud, menés par le ministre sans portefeuille Uzi Landau, et qui s’opposent à l’entrée des Travaillistes au gouvernement.
Les délégués du Comité central du Likoud, considérés comme étant plus à droite que la majorité de l’électorat du parti, ont également rejeté, à une étroite marge une motion de Sharon où ce dernier demandait la permission de négocier avec des partis sionistes non identifiés en vue d’élargir sa coalition. Si Sharon décide de passer outre-l’hostilité de son parti à sa démarche, il pourrait diviser le Likoud ou déclencher la tenue d’élections anticipées qui reporteraient à plus tard la mise en oeuvre de son plan de retrait de Gaza. Une perspective à haut risque comme l’affirment d’autres politiques israéliens. Le quotidien israélien Haaretz cite jeudi les propos du député travailliste Dalia Itzik, qui regrette le vote du Likoud, lequel pourrait, selon lu,i affaiblir Sharon et provoquer des élections anticipées.
Au mois de juin, le Premier ministre avait réussi à faire adopter son plan légèrement amendé par son cabinet, bien qu’il eût été rejeté massivement en mai par la base de son parti, ce dont il a refusé de tenir compte. Mais à quel prix ? Il avait perdu ses alliés d’extrême droite et réduit son assise parlementaire à 59 députés sur un total de 120 à la Knesset. Depuis plus d’un mois, il mène des négociations laborieuses avec le Parti travailliste de Shimon Peres sur les conditions de sa participation au gouvernement, sans être parvenu à conclure. Selon les observateurs, la majorité des dirigeants du Likoud ne reflète, ni celle de son propre électorat, ni celle de l’opinion publique israélienne très largement favorable à l’abandon de la bande de Gaza, usurpée à l’Egypte lors de la guerre de 1967.
En fait, l’opinion israélienne considère que les pertes subies pour protéger la vingtaine de colonies abritant quelque 8.000 Juifs au milieu de près d’un million et de demi de Palestiniens concentrés sur cette terre jouxtant l’Egypte ne valent pas le coup.
Désormais, les tractations politiques avec les Travaillistes s’annoncent difficiles. Sharon devra d’abord composer avec la majorité de son propre Likoud et avec les petits partis religieux ou ultra-nationalistes qui peuvent lui ramener une majorité au Parlement.









