ALM : Comment évaluez-vous la participation irakienne au tournoi olympique de football ?
Majeed Adnan Hamad : Nous vivons un beau parcours dans ce tournoi olympique. Nous avons remporté deux victoires qui nous ont ouvert la voie des quarts de finale de la compétition. Contre le Maroc, nous avons concédé une défaite, mais elle n’est pas très grave. Nous aurions aimé être accompagnés par les frères Marocains au deuxième tour, mais malheureusement, c’est la loi du football. C’est une excellente chose pour notre équipe. Nous sommes venus en Grèce en ayant comme objectif de ne pas jouer les outsiders, et nous avons réussi à l’atteindre. Mais ce n’est que le début. Si nous avons dépassé le premier tour sans trop d’encombre, nous sommes certains que ce qui nous attend est beaucoup plus difficile.
A ce stade de la compétition, toutes les équipes engagées caressent le même rêve, celui de décrocher une des trois médailles. C’est notre rêve également. Nous sommes déterminés à le réaliser et nous ferons tout ce qui est en notre possible pour réussir.
Comment allez-vous aborder la rencontre des quarts contre la sélection olympique australienne?
C’est une rencontre qui ne sera pas de tout repos. La sélection olympique irakienne n’a jamais rencontré son homologue australienne, en tout cas, pas que je sache. Nous avons vu les Australiens évoluer, et je peux vous assurer que c’est une excellente équipe qui a un très potentiel offensif et qui n’encaisse pas facilement de buts. Mais nous avons notre petit secret et nous espérons avoir le dernier mot.
La quasi-totalité de l’effectif engagé dans ce tournoi olympique vit en Irak, comment le groupe vit la guerre qui sévit actuellement dans ce pays ?
C’est une situation très difficile à vivre. La première des choses que nous faisons chaque jour est de téléphoner à nos familles et parents restés en Irak pour prendre de leurs nouvelles. Cette angoisse est quasi permanente.
Les joueurs ne réussissent à s’en défaire que sur le terrain. Sinon, ils vivent cette angoisse au jour le jour. Dans notre cas, cela a été très bénéfique, parce que nous jouons pour redonner le sourire à un peuple dont le quotidien est désormais plein de souffrances. C’est une grande mission, mais nous sommes déterminés à l’accomplir jusqu’au bout. Nous espérons remporter une médaille olympique pour faire oublier la guerre à ce peuple courageux qui se bat jusqu’au dernier souffle.
La sélection olympique irakienne est une cible médiatique par excellence lors de ces Jeux. Comment vivez-vous cet intérêt des médias ?
C’est une chose qui nous touche énormément. La sympathie que les gens ressentent envers les athlètes irakiens engagés dans ces Jeux Olympiques fait plaisir. Tout le monde sait que notre pays est en guerre, que nous sommes ici pour représenter tout un peuple qui perd ses enfants tous les jours et qui vit sous le joug de l’occupation américaine. Nous sommes à Athènes pour véhiculer des valeurs de paix et de prospérité que nous ne pouvons appliquer dans notre pays.
Fadoua Ghannam
Notre envoyée spéciale en Grèce










