Un sondage, publié jeudi dans le quotidien «Los Angeles Times», donne, pour la première fois depuis plusieurs semaines, une légère avance au président sortant face à Kerry pour l’élection présidentielle du 2 novembre. Selon ce sondage, Bush est crédité de 49% d’intentions de vote et Kerry de 46%.
En juillet, un sondage du quotidien californien donnait un résultat inverse avec 48% des intentions de vote pour le candidat démocrate et 46% pour Bush. La compétition reste toutefois serrée et un autre sondage réalisé par la George Washington University donne toujours un léger avantage à Kerry (49%) face à Bush (47%). Sur les questions de sécurité, qui forment l’axe de la campagne de Kerry, le président sortant devance encore son adversaire, d’après ce sondage. Sur l’Irak, 53% des personnes interrogées pensent que Bush ferait mieux que Kerry (41%). 54% lui font aussi davantage confiance pour protéger l’Amérique de la menace terroriste qu’à son adversaire démocrate (37%). John Kerry convainc davantage sur l’économie et il ne s’est pas privé jeudi de souligner les chiffres montrant une augmentation, en 2003, de 1,3 million du nombre d’Américains vivant dans la pauvreté aux Etats-Unis, selon une étude du gouvernement publiée le même jour. Il a proposé un débat hebdomadaire avec son adversaire républicain jusqu’à l’élection « pour parler des vrais sujets auxquels sont confrontés les Américains ». George W. Bush peut espérer confirmer le retournement constaté dans le sondage du «Los Angeles Times», à l’issue de la convention républicaine qui se déroule pendant quatre jours à partir de lundi, l’histoire ayant montré que les candidats à la présidentielle bénéficiaient d’un coup de pouce après la tenue de la convention de leurs partis. John Kerry n’a toutefois bénéficié que d’un effet modeste dans les intentions de vote, après la convention de son parti à Boston fin juillet.
Commentant son sondage, le «Los Angeles Times» estime que le candidat démocrate a souffert des spots publicitaires dénigrant son passé au Vietnam diffusés ces dernières semaines sur de nombreuses chaînes de télévision. Dans ces spots, un groupe d’anciens combattants républicains baptisé « Swift Boat Veterans for Truth » (« Les anciens patrouilleurs du Vietnam pour la vérité ») accuse Kerry d’avoir enjolivé ses faits d’armes au Vietnam en 1969 qui lui ont valu plusieurs médailles. La polémique a rebondi mercredi avec la démission du conseiller juridique de la campagne de Bush, Benjamin Ginsberg, qui a reconnu avoir conseillé le groupe d’anciens combattants sans toutefois avoir contribué au spot publicitaire. La Maison Blanche et les responsables de la campagne Bush continuent d’affirmer qu’ils n’ont rien à voir avec ce groupe. Le président Bush a dénoncé les attaques de ce type mais n’a pas condamné spécifiquement le spot en question. L’influent sénateur républicain John McCain, ancien prisonnier de guerre pendant au Vietnam et qui prononcera lundi un discours à la convention républicaine, a également souhaité que la polémique cesse.
Dans un entretien au quotidien «USA Today» publié jeudi, il a déclaré qu’il aimerait « probablement » une condamnation plus précise du spot télévisé anti-Kerry par le président Bush. « Je suis malade et fatigué de rouvrir les blessures de la guerre du Vietnam », a-t-il ajouté. « Il y a toujours des versions différentes de ce qui se passe au combat », selon lui.
• Jérôme Bernard (AFP)









