Société

Le calvaire d’Aïn Chock

© D.R

C’est la commune la plus riche en matières de terrains assujettis à la promotion immobilière. Cette particularité est certainement la cause de la situation de désenchantement que vivent depuis des années les habitants d’Aïn Chock. En fait, d’après certains élus et d’autres qui ne sont plus en fonction, cette commune a toujours souffert du délaissement depuis les élections de 1977.
Aucun des conseils, qui se sont succédé, n’a présenté ou préparé une politique ou un plan de développement qui prend en considération les doléances des habitants et les besoins de la commune. Un état des lieux des plus médiocres. La rareté des écoles, des centres de santé et des espaces de divertissement et de sports est en flagrante contradiction avec la floraison de la construction. Jusqu’à l’épuisement des espaces vides. Les rares terrains qui ont survécu à la ruée vers l’édification aveugle d’habitations sont transformés en espaces pour marchands ambulants. Le problème, c’est que malgré la propagation des constructions, nombreux sont les gens qui se trouvent sans habitat ; des locataires soumis par la force de la loi à l’évacuation. Dans les anciens quartiers, l’habitat anarchique bat son plein. Les maisons composées d’un rez-de-chaussée plus un étage se transforment à des RC+ trois donnant l’impression d’être sur le point de s’effondrer. Des marchés qui passent sans appels d’offres, des permis d’habitation livrés avant même la construction de l’habitat et des élus qui se contentent de montrer leur regret devant l’état des choses. Qui a autorisé à ces gens de construire contre les normes ? Et s’ils ne disposent pas d’une autorisation, pourquoi ne sont-ils pas contrôlés par les services concernés ? L’on parle trop de la prolifération de la corruption dans ce sens. En somme, la commune a longtemps souffert de la mauvaise gestion, sans verser dans les accusations des uns et des autres. Le constat est là.
La politique sociale de la commune n’est pas très active, sinon quasi, inexistante, alors que sa population reste livrée aux calvaires quotidiens. C’est seulement lors des périodes électorales qu’une animation subite fait irruption dans les différents quartiers populeux. C’est justement pendant ce temps des générosités démesurées sont offertes aux électeurs. En un temps record, plus d’une cinquantaine de salles de jeux ont été autorisées à ouvrir leurs portes à une jeunesse qui a tant besoin d’espaces culturels et sportifs beaucoup plus salutaires à leur égard. Le seul complexe culturel qui devait voir le jour depuis des lustres est aujourd’hui en ruine, délaissé suite à un litige entre la commune et le promoteur qui a arrêté les travaux.
Ce projet annulé est remplacé par un autre qui tarde également à voir le jour. L’école Msalla, à titre d’exemple, se trouve face à une énorme décharge d’ordures que les élèves contournent au quotidien à l’entrée et à la sortie de l’école. Cela va sans parler de la prolifération des commerces des drogues et des boissons alcoolisées.
Un bilan des réalisations des présidents de commune qui se sont succédé à la tête d’Aïn Chock serait certainement le même depuis plus de vingt-cinq ans. A l’image d’autres communes, les problèmes que connaît Aïn Chock ne sont pas près d’être résolus, en raison d’un encombrement aussi lourd que la gestion observée depuis des années.