Economie

La part du lion aux grandes villes

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L’industrialisation des villes marocaines a connu, au cours des dernières années, de profonds changements. C’est ainsi que le rôle de certaines villes industrielles a été fortement accru. En l’espace de dix ans (1987-1997), la ville de Casablanca a acquis un rôle capital avec une progression de 60 % de l’emploi industriel au Maroc. Les résultats du SNAT révèlent, à cet égard, que, en dehors de l’ensemble « Casablanca-Mohammadia, pôle industriel écrasant et satellitaire », d’autres centres industriels secondaires ont émergé comme « Rabat-Salé » (44.176 emplois) et « Tanger » (43.117 emplois) progressant en dix ans de 165 % pour Tanger et de 129 % pour Rabat-Salé. Les autres centres possédant entre 15.000 et 25.000 salariés industriels sont Marrakech (118 %), suivi de Meknès (95 %), Fès (58 %) et Kénitra (23 %). Agadir, isolé dans l’espace, encadre 20.735 emplois et a toutefois moins progressé par rapport aux autres villes (28 %). Sur un autre volet, les résultats du SNAT indiquent que l’industrie marocaine se concentre essentiellement dans les grandes villes et les villes du littoral qui sont en général plus industrialisées que celles de l’intérieur.
La distribution de la cartographie industrielle montre que Casablanca reste majoritaire, suivi de Tanger qui devient le deuxième centre industriel du pays. Rabat, elle, devient une  » ville charnière  » sur cette bande industrielle littorale. Fès et Kénitra, avec un renforcement modéré de leur tissu industriel, ne parviennent pas à émerger en un véritable pôle industriel.
Les autres régions du Souss et de l’Oriental sont excentrées par rapport aux noyaux forts industriels mais aux dimensions et dynamiques différenciées. Tadla stagne dans l’offre et l’emploi industriels et Taza possède des initiatives plus affirmées.
S’agissant des petites villes industrielles, elles n’ont reçu que peu d’emplois industriels en dix ans et enregistrent moins de création d’emplois que Casablanca, Fès ou Tanger prises séparément. Par conséquent, il n’y a pas eu de création de pôles industriels importants dans les petites villes pouvant contrebalancer l’axe industriel atlantique ou le binôme Fès-Meknès. Les résultats révèlent qu’il n’y a pas encore de véritable région industrielle au Maroc et que le poids du Grand Casablanca, entre 1987 et 1997, est passé de 54,1 % à 49,5 % de la valeur ajoutée totale de l’industrie marocaine alors que les villes de Marrakech, Rabat/Salé et Agadir ont progressé tout comme le pôle « Tanger/ Tétouan/Larache ». La région de l’Oriental voit sa part s’amenuiser et les axes « Rabat-Kénitra » et « Fès-Meknès » se stabilisent. Les implantations industrielles ont été créatrices d’emplois, dans le textile dans ces deux villes.
Au niveau de la valeur ajoutée des activités industrielles, elle continue à venir de la région du Grand Casablanca. La production a enregistré une croissance sensible de 1987 à 1997 mais légèrement en deçà de la moyenne nationale. Cette progression est due principalement à l’évolution enregistrée par les secteurs chimique et para-chimique, électrique et électronique, mais aussi par le secteur électrique et électronique.

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