Le groupe de Leverkusen a enregistré d’avril à fin juin une baisse de près de 41% de son bénéfice opérationnel, à 318 millions d’euros hors éléments exceptionnels, comparé à la même période l’an dernier, a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué. Ce résultat est largement inférieur aux attentes des analystes interrogés par la filiale d’information financière de l’AFP, AFX, qui misaient sur un chiffre compris entre 515 et 642 M EUR. Conséquence: le titre était malmené à la Bourse de Francfort, perdant 0,40% à 25,10 € vers 10H00 GMT, dans un marché en hausse de 0,76%. Les autres chiffres trimestriels ne sont guère meilleurs : sur la même période, le bénéfice net du groupe a décliné de 48% à 293 M EUR. Un résultat dans le vert que Bayer doit aux quelque 300 M EUR tirés de la vente de parts dans Agfa-Gevaert à Goldman Sachs, précise-t-il. Son chiffre d’affaires, lui, a reculé de 6,7% à 7,27 mds EUR. Les perspectives pour l’ensemble de l’année restent moroses, selon le patron du groupe, Werner Wenning. Nous ne voyons toujours aucun signe de reprise cette année, souligne-t-il. Toutefois, le groupe table toujours en 2002 sur une « nette hausse » de son bénéfice net, essentiellement grâce à un vaste programme de désinvestissements.
Au cours des six premiers mois de 2002, l’environnement économique difficile et le manque à gagner dû au retrait du marché l’an dernier de l’anticholestérol Lipobay/Baycol ont pesé sur nos activités, commente Bayer. Soupçonné d’avoir causé la mort d’une centaine de personnes, le médicament vedette de Bayer, retiré de la vente en août 2001, a continué de plomber la division santé de la société, qui inclut la pharmacie: celle-ci a enregistré une baisse de 16% de son bénéfice opérationnel et un recul de 11% de son chiffre d’affaires.
La rentabilité dans ce secteur est actuellement insatisfaisante. Des pourparlers sont en cours en vue d’une alliance possible, note Bayer. La division agrochimique, elle, a vu son CA augmenter de 16% grâce à la consolidation d’Aventis CropScience (ACS), officiellement passé sous le giron du groupe en juin. Toutefois, son résultat opérationnel a dégringolé de 56% sur l’ensemble du semestre, en raison de la crise en Amérique Latine et des coûts d’intégration liés à ACS. Quant aux branches polymères et chimie, la morosité du marché et la chute des prix du secteur ont plombé leur résultat opérationnel, respectivement en recul de 47% et de 58%.








