Il n’est pas toujours facile d’obtenir la paix. Cela a un prix. Au Soudan, les deux principaux protagonistes semblent se rendre compte que leur pérennité dépend de leur disponibilité au partage. Du territoire et de ses richesses.
Le pouvoir islamiste soudanais, sentant les dangers qui le guettent, préfère s’engager dans une optique de négociation qui lui permettrait d’éviter davantage de pots cassés.
Sur le plan international, il est complètement isolé et est dans le collimateur de la vindicte américaine. Washington lui reproche toujours d’avoir refusé l’extradition de Oussama Ben Laden… Le pays figure sur la liste américaine des «pays du mal».
Sur le plan interne, la junte militaire islamiste ne jouit d’aucune crédibilité ni de la moindre légitimité. La paix sociale est maintenue, au prix d’une dictature qui met en prison y compris ses propres partisans.
Les intentions du général Béchir sont claires : partager la poire en deux et retrouver la paix. A défaut de mieux, il se contente de la moitié. Et puis, peu importe l’intégrité territoriale, à partir du moment que la rente pétrolière est assurée. D’ailleurs, les partis de l’opposition au Nord ne cachent pas leur pessimisme sur l’aboutissement du projet et entendent le combattre énergiquement. Non qu’ils ne veuillent pas le retour de la paix au Sud, mais parce qu’ils croient que la solution réside dans une véritable démocratisation de la vie politique soudanaise. Ce qui exclut, notamment, l’application de la Chariâa, source du conflit avec le Sud.
De son côté, l’Armée de libération des peuples du Soudan, épuisée par les décennies de guerre et par ses propres éclatements, voit en l’accord de Machakos une occasion en or pour parvenir à ses fins.
Le chef du SPLM-A, John Garang, à l’image d’un certain Kabila, a réussi à séduire les Américains. Il leur permet une entrée en force dans le pays.
Alors… .tout le monde est content. Sauf ceux qui n’ont pas été de la fête. Et ils sont nombreux. De plus, les combats se poursuivent pour tenter d’obtenir de l’autre partie plus de concessions. Gare aux illusions !








