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L’Iran rend hommage à Moussadegh

L’anniversaire du coup d’Etat, orchestré par Washington et londres, et à la faveur duquel le Shah était revenu d’un exil de trois jours à Rome, est célébré cette année avec plus d’éclat que les années précédentes. Mossadegh, à qui le Shah reprochait d’avoir nationalisé en 1951 le pétrole et de contrer l’influence américano-britannique, avait été démis de ses fonctions le 16 août 1953, ce qui avait provoqué un soulèvement de la population et poussé le Shah à s’enfuir.
Mossadegh, qui mourut en mars 1967, à 85 ans, demeure une des figures emblématiques populaires de l’Iran, à l’instar de Mehdi Bazargan, éphémère Premier ministre après la révolution islamique. Mais mossadegh résiste mieux aux foudres des religieux conservateurs, et le parti qu’il a créé, le Front national iranien, certes un petit groupe, n’est pas interdit, à la différence du MLI (mouvement de la libération d’Iran), de Bazar gan. Lundi matin, une cinquantaine de jeunes gens conservateurs se sont rassemblés à l’occasion de cet anniversaire devant l’ex-ambassade des Etats-Unis, désaffectée depuis 1980, pour dénoncer les « menaces américaines», mais aussi pour demander que «les éléments pro-américains (réformateurs) soient expulsés du Parlement ».
Le guide de la république islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a fustigé «cet esprit d’aventurisme des dirigeants américains», qui s’inspire, selon lui d’une «culture de cow-boys». De son côté, le quotidien réformateur «Iran News», proche du président Mohammad Khatami, a demandé aux Etats-Unis des excuses «officielles» sur l’affaire Mossadegh, les «excuses verbales», prononcées en 2000 par l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright étant à ses yeux insuffisantes.

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