Le manuel scolaire n’est plus la chasse gardée de certaines maisons d’édition. Sujet de discorde et de suspicion, ce support didactique. Dans les milieux pédagogiques on répète souvent que les réformes passent et le système demeure.
En plaçant l’éducation et la formation en première priorité nationale après l’intégrité territoriale, SM le Roi Mohammed VI a ouvert grandes les perspectives de modernisation de notre système éducatif. La décennie 2000-2010 est plus qu’un échéancier pour concrétiser le voeu d’un peuple et de son souverain, mais un moment fort pour consolider la position politique et économique du Maroc dans son environnement régional. Dès lors, il n’est pas étonnant de voir une unanimité sans pareille autour d’un dossier aussi épineux que celui de l’éducation nationale. Source de divisions et sujet de prédilection des spécialistes de la surenchère politico syndicale, la réforme ne pouvait plus se payer le luxe de rater ce rendez-vous historique.
Ainsi, la mise à niveau du système d’éducation et de formation se fera autour de trois axes : les ressources humaines, la décentralisation du pouvoir de décision et la refonte des curriculum .
Il a fallu mener un même combat sur ces trois fronts avec une attention particulière sur le sujet des supports didactiques, entre autres, le manuel scolaire. La mise en place de commissions ad hoc et multidisciplinaires avait non seulement l’avantage d’impliquer tout le monde dans ce processus irréversible mais surtout de mettre à nu les pratiques délictueuses qui ont souvent entaché le processus d’élaboration des manuels scolaires . Une affaire juteuse dont profitaient au vu et au su d’anciens locataires du département de l‘Education nationale, quelques éditeurs de manière exclusive.
A cet effet, le ministère de l’Education nationale optera pour la concurrence ouverte et loyale entre les professionnels du livre de la place. Un cahier des charges a été élaboré dans un esprit de concertation et de recherche continue de la qualité tout en respectant les grandes orientations de la Charte de la Commission Spéciale d’éducation et de formation.
Lancée en février 2002, l’appel d’offres des manuels scolaire pour la première année fondamentale mettra l’eau à la bouche de plusieurs opérateurs rompus aux dessous de tables et autres manigances. Ces pratiques d’un autre âge n’ont plus lieu d’être. La commission chargée d’étudier les offres, est non seulement composée de personnes au-dessus de tout soupçon mais surtout de personnalités de divers horizons : hommes de lettres, artistes, enseignants…
Les membres de cette commission technique avaient comme consigne choisir trois manuels pour chacune des cinq matières de la première année fondamentale : arabe, mathématique, éducation islamique, activités scientifiques et activités artistiques. Sur les soixante et une (61) offres reçues, seules onze d’entre elles ont été retenues. L’instituteur marocain aura donc le choix entre les différents produits proposés sur le marché.
Cependant, ce choix n’est pas totalement libre, du moins dans sa phase de démarrage, car les maisons d’édition retenues doivent avoir une idée précise sur le besoin du marché avant d’enclencher les rotatives.
C’est pour cette raison que des réunions regroupant des représentants du corps enseignant et des parents d’élèves sont organisées en ce moment au sein des délégations provinciales afin de communiquer aux éditeurs concernés leurs besoins chiffrés.
L’année prochaine, le même processus sera adopté pour les manuels des autres niveaux, tout en veillant au suivi et à l’évaluation de cette expérience novatrice.
• Youssef Simou








