Tout porte à croire que la Turquie est sur la bonne voie pour l’adhésion à l’Union européenne. Mais le chemin est assurément beaucoup trop long. En effet, l’Union européenne est sur le point de dire «oui» à des négociations d’adhésion avec Ankara, lors du Sommet de Bruxelles qui débute jeudi soir. Cependant, l’entrée de la Turquie n’est pas pour demain et, au cas où elle serait garantie, celle-ci ne sera effective que d’ici une dizaine, voire une quinzaine d’années.
«Un feu vert sur l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Turquie semble probable au Conseil européen. Il semble qu’on s’achemine vers un oui », a indiqué le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, dont le pays préside l’Union européenne, devant le Parlement néerlandais, selon des informations relayées par l’agence de presse néerlandaise ANP. Jan Peter Balkenende avait, à cet effet, entrepris une brève tournée en Allemagne, France et Autriche. L’optique en était la préparation du Sommet européen avec, comme toile de fond, la décision cruciale sur la Turquie. La France et l’Autriche, de par leur statut de pays les plus réticents à la candidature turque, expliquent largement le choix porté sur eux pour cette visite. Lors de sa rencontre avec les chefs d’Etat des pays concernés, le Premier ministre néerlandais a pris actes des «préoccupations de la France à cet égard», comme le lui a souligné Jacques Chirac.
Quant au chancelier Wolfgang Schuessel, celui-ci a mis l’accent sur « un processus de négociation ouvert et assortis de dérogations », comme rapporté par l’agence AFP. En conséquence de ces entretiens, Jan Peter Balkenende a tenu à préciser que la décision, relative à l’ouverture des négociations avec Ankara, devait être ratifiée à une nette majorité. Allusion faite aux éventuels désaccords auxquels est sujette cette le « oui » en question. Un rapport lesté de quelque 80 amendements et élaboré par le député conservateur néerlandais, Camiel Eurlings, recommande l’ouverture dans l’immédiat des négociations avec Ankara.
Toutefois, le rapport de Camiel Eurlings insiste, une à une, sur les conditions faisant défaut à Ankara, principalement la reconnaissance de Chypre, l’île divisée depuis 1974, dont seule la partie grecque est entrée dans l’UE le 1er mai. Un degré de tolérance « zéro » contre la torture est également mentionné dans le rapport. Cependant, le texte n’omet pas de clairement souligner que les négociations ne sont, en soi, qu’un processus ouvert ne signifiant aucunement une adhésion de fait. « Le plan A, c’est qu’on se mette d’accord jeudi soir. Vendredi, on finalise les conclusions et on se réunit à 25 plus 4 (Turquie, Croatie, Roumanie, Bulgarie). Reste à savoir comment on va gérer Chypre », précise un diplomate européen dans une déclaration reprise par l’AFP.
Lors du Sommet de Bruxelles, les membres devraient, également, fixer au printemps 2005 l’ouverture de discussions semblables avec la Croatie, ainsi que la signature du traité d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, pays ayant rendez-vous avec l’UE à partir de 2007.









