Le différend sur l’accord de libre-échange entre Bahreïn et les Etats-Unis a pesé sur les travaux du 25èmesommet du CCG, boycotté par le prince héritier saoudien, Abdallah ben Abdelaziz. Le secrétaire général du CCG, Abderrahmane Al-Attiyah, qui a lu le communiqué final du sommet, a annoncé que « le sommet a pris acte de la signature d’accords de libre-échange et d’accords-cadre de coopération économique entre des Etats membres et d’autres pays (tiers) ». Aucune autre précision sur l’issue de ce différend n’a été donnée. Cependant, le sommet avait quand même décidé de charger les ministres des Finances et de l’Economie de définir des normes à tout accord économique qu’un des six pays membres du CCG pourrait conclure avec une partie tierce, comme l’a indiqué à l’AFP un ministre d’un pays membre.
D’après ce dernier, qui a assisté aux discussions sur le problème saoudo-bahreïni, « il a été convenu de reporter la question de la conclusion par des pays membres d’accords bilatéraux avec des pays tiers et de la soumettre ultérieurement aux ministres de l’Economie et des Finances ». Et la même source d’ajouter : « Les ministres sont appelés à définir des normes collectives pour toute négociation économique qu’un Etat membre pourrait mener, à un niveau bilatéral, avec des parties tierces ». L’accord, objet principal du différend entre les deux pays frères, a été conclu en septembre dernier entre le Bahreïn et les Etats-Unis. D’autres membres du CCG, notamment le Qatar, ont vite fait d’imiter le Bahreïn. Ce qui a fortement exaspéré l’Arabie saoudite qui a considéré l’accord en question comme une entrave à l’action collective du CCG et aux projets d’intégration économique du groupe. En plus,Bahreïn, qui est un petit pays par comparaison à l’Arabie saoudite, a presque toujours gravité dans l’orbite saoudienne. D’un autre côté, ce n’est un secret pour personne, l’Arabie saoudite a perdu beaucoup de son influence dans la région, depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Visiblement conscient de cet état de fait, le Royaume avait annoncé, dimanche, avant l’ouverture du sommet, la réduction du niveau de sa représentation au sommet du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Abdallah Ben Abdelaziz, le prince héritier saoudien, considéré par les observateurs comme le vrai patron de l’Arabie saoudite, n’a pas assisté au sommet, il a confié la représentation du Royaume à son ministre de la Défense, le prince Sultan ben Abdelaziz.
Officiellement, aucune indication n’a été fournie sur les raisons de l’absence du prince Abdallah du sommet , mais tout le monde a été témoin de l’amertume manifestée par l’Arabie saoudite. Outre le différend entre les deux Royaumes, les discussions lors du sommet ont porté sur le marché commun du CCG, l’union monétaire et la présence massive des expatriés dans les six monarchies pétrolières membres. La présence massive des expatriés dans les monarchies du Golfe, qui comptent au total 35,8 millions d’habitants, est considérée comme une source d’inquiétude pour tous les pays du Golfe. Selon le ministre bahreïni de l’Information, « elle constitue un énorme danger pour la structure démographique (…) et l’identité arabe de la région ». Le sommet a également constitué une occasion pour les six monarchies du Golfe, qui ont lancé en janvier 2003 une union douanière (plus de deux décennies après la création du CCG, en 1981), pour faire le point sur leur projet d’intégration économique avec l’établissement annoncé pour 2005 d’une union monétaire, d’un marché commun en 2007 et d’une monnaie unique par la suite.
Et ce, quoique l’Arabie saoudite ait prévenu ses partenaires que l’union douanière lancée en 2003 n’aurait aucun intérêt, si l’un des membres du groupe régional accordait des exonérations douanières à des pays tiers sur une base bilatérale. Le sommet, qui a duré deux jours, a en outre reconduit M. Al-Attiyah (Qatar) à la tête du CCG pour un deuxième mandat de trois ans, à partir du 1er avril. Le prochain sommet annuel du CCG se tiendra aux Emirats arabes unis.









