Les nouvelles générations de jeunes marocains semblaient désabusées, blasées ; ils étaient d’ailleurs souvent décrits comme déresponsabilisés et condamnés à être hittites, s’embarquer dans les pateras de Gibraltar ou encore être récupérés par les « extrémistes »
Dieu merci, un nombre grandissant d’entre eux est en train de faire mentir ces sombres perspectives et de s’inventer une « 4ème voie » :celle de l’engagement associatif, de la responsabilisation et de la prise de conscience.
Ce mois de Ramadan a été l’occasion d’en montrer de multiples exemples :ainsi les jeunes de Ben Abid, quartier d’une extrême pauvreté sur la route d’Azemmour, se sont – ils mobilisés pour offrir des paniers repas aux plus démunis, ceux de Derb Soltan regroupés au sein de l’association « Mostaqbal »ont, quant à eux, animés, leur quartier et occupés, les jeunes par l’organisation d’un tournoi de mini-foot durant tout le mois, conclu en apothéose ce mardi en présence du gouverneur SiDades et du très populaire Widadi Redouane Allali. Les jeunes de Hay Mohammadi, de leur côté, ont multiplié les soirées d’animation dans leur quartier et prêté main forte à la Commune défavorisée de Moulay Youssef pour y distribuer des denrées alimentaires à l’occasion de l’Aïd.
D’autres ont rendu visite aux jeunes orphelins de Aïn Chok, sidi Bernoussi ou Moulay Idriss1er avec qui ils ont partagé le ftour. Un « ftour des quartiers » brassant les générations, unissant les différentes couches sociales et mettant en exergue les talents issues de ces quartiers a même été organisé par ces jeunes associations. A l’occasion, des groupes musicaux innovants ont vu le jour : la coopérera avec les jeunes de Oulfa ou encore le jeune Ahmed –dit « DJ Amic- de Hay Salam, chanteur de Rap en arabe. Sans grossir le trait, en voyant également comment les jeunes de Ben M’Sik, mais aussi d’autres quartiers à travers le Royaume sont en train de réagir et de se prendre en main, on peut effectivement tabler sur cet éveil des consciences et ce tournant en train de s’opérer chez les jeunes des quartiers populaires.
Le travail sera de longue haleine, la réussite demandera de la patience, de la volonté, mais j’espère être un oiseau de bon augure en disant que ce mouvement me semble irréversible et que les « décideurs », les leaders d’opinion, les médias… tous ceux qui en ont le pouvoir doivent accompagner cette mouvance, la soutenir, l’aider à s’étendre. Certains le font déjà et commencent à emprunter les chemins qui mènent à ces quartiers, à instaurer le dialogue avec cette jeunesse.
J’ai pu le vérifier il y a quelques jours lorsque la librairie «Porte d’Anfa» à Casa à organisé un débat réunissant ces jeunes et des intellectuels : la richesse de l’échange a montré que nous étions sur la bonne voie : celle du brassage, de l’échange, du maillage.









