Durant le mois de Ramadan, des agressions intégristes se sont multipliées dans quelques grandes villes comme Rabat, Salé, Fès et Casablanca. Pas moins de cinq cas ont été signalés par la presse. C’est peu et trop. Mais combien de cas réels n’ont pas été signalés par les agressées, de peur de la rumeur, par faiblesse, inconscience, manque de responsabilité ou par simple ignorance des droits et des devoirs ?
N’empêche. Le mal est là. Des individus, agissant au nom de l’Islam, osent recourir à l’arme blanche, à l’agression verbale ou physique et aux menaces pour intimider de jeunes filles et des dames et les sommer de mettre le « hijab». Après l’alerte donnée le 24 août dernier à Casablanca, quand un triste personnage avait attaqué, avec une lame de rasoir, une jeune fille qui portait un pantalon. Elle s’en est tirée avec un muscle (le grand fessier) déchiré!
Tout dernièrement, lors des derniers jours de Ramadan, des agressions, arme balnéation à la main, sont signalées dans les quatre villes sus-mentionnées, dont deux dans la capitale. Presque le même scénario. Les mêmes menaces. Les «objecteurs de conscience» new age entendent remettre la femme dans le droit chemin. La rhétorique intégriste choisit ses victimes. C’est dans les quartiers périphériques des villes qu’elle se déploie. Parfois même au centre de la métropole. L’opération ne s’apparente pas à de la séduction. Elle prend l’allure de menaces sérieuses et fait des dégâts. Moraux et physiques.
L’agression est opérée souvent en solitaire. L’oeuvre d’un individu, en mal de religion et de vision religieuse. Ou par un groupe de jeunes qui font le «tabligh» de masse. Et ça peut prendre des allures de violence. Les jeunes filles, qui se permettent une promenade après le ftour, sont sommées de rentrer chez elles ou d’aller à la mosquée. Aux dames, même en djellaba, il est «conseillé» de porter le Hijab. Pas de mettre un foulard !
Mais le phénomène n’est pas si nouveau. On l’a déjà vu à l’Université, depuis que les courants obscurantistes ont investi ce lieu du savoir et de la tolérance. La terreur dans toute sa dimension. Ces pratiques étaient limitées à cette enceinte et sont passées inaperçu . Il s’agit d’une nouvelle alerte, qui n’est que le prolongement de la propagande multiforme de certains prêcheurs en mal de pouvoir.
Car, si de tels agissements ne sont pas affrontés avec la vigueur appropriée, ils seront considérés comme un encouragement à la poursuite de la chasse aux «impies». C’est une affaire qui concerne tous les citoyens, animés par les valeurs de tolérance et de droit à la différence, les sentiments religieux des Marocains ne sont plus à prouver. L’habit ne fait pas le moine, comme dit l’adage. La passivité, tant des citoyens que celle des autorités compétentes, n’est plus de mise. Il en va de l’intérêt de tous.









