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Périscope : Dérives

Comme il se doit les Etats-Unis ont été le premier pays à se faire livrer le dossier onusien sur l’armement irakien, avant que le Conseil de Sécurité n’en donne copies à Paris, Pékin, Moscou et Londres. Les Américains, qui semblent avoir d’ores et déjà déclenché le compte à rebours de leur frappe contre Bagdad, bénéficie d’une sorte de droit de préemption sur tout ce qui touche de près ou de loin à ce pays. Pourtant, les Nations unies avaient affirmé à maintes reprises qu’aucun pays, membre du Conseil de Sécurité, ne recevrait avant les autres un exemplaire du texte irakien.
La hâte américaine confirme la volonté de Washington de déclencher une guerre préventive, malgré les aléas et les impondérables qui pourraient entraîner des conséquences catastrophiques. Aujourd’hui, il n’y a que les Américains qui montrent de la satisfaction à avoir mis les premiers la main sur la seule copie intégrale du document en question. Leur message est clair, l’Administration Bush n’a pas de temps à perdre sur ce dossier que la CIA a déjà décortiqué.
Tant de hâte s’avère quelque peu étonnant dans la mesure où les positions sont déjà arrêtées. Hier encore, le Département d’Etat estimait qu’il serait naïf de croire que l’Irak puisse satisfaire aux exigences de la résolution 1441 de l’ONU sur les armes de destruction massive et que les Etats-Unis étaient préparés à passer à la frappe sans se préoccuper d’une nouvelle décision du Conseil de Sécurité sur l’Irak si ce pays violait cette résolution. Un ancien Président américain disait récemment qu’il faut se rappeler qu’il y a aujourd’hui au moins « huit puissances nucléaires au monde dont trois menacent directement leurs voisins dans des régions hautement sensibles et où les tensions internationales sont grandes ».Et, d’ajouter que dans le cas des pays puissants, adhérer au principe d’une guerre préventive pourrait bien « créer un précédent qui peut avoir des conséquences catastrophiques ». Il a donc tout simplement appelé à ce que les défis globaux soient traités pacifiquement, dans le seul cadre onusien, avec des alliances fortes et un consensus international Il n’y a pas d’autres alternatives. Sortir du cadre de la légitimité internationale, symbolisée par les Nations unies, entraînerait l’humanité dans une spirale de violences sans fin. L’ « Internationale Terroriste » en est la parfaite illustration. Que resterait-il aux opprimés et aux faibles de ce monde pour se défendre si ce n’est recourir à la violence et s’inscrire dans l’illégalité.

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