Monde

Périscope : L’après-Saddam

Quel avenir politique pour l’Irak si le régime de Saddam Hussein venait à disparaître ?
La réponse à cette question divise les opposants irakiens sensés lui apporter une réponse crédible en arrêtant un programme commun définissant les contours du futur Etat fédéral irakien. Faut-il cautionner le protectorat qui découlerait de l’occupation de l’Irak ?
Le nouveau régime devrait-il être d’essence laïque? Quelle place pour les kurdes et pour les Chiites, majoritaires en Irak ?
Les débats de l’opposition irakienne ont clairement indiqué que l’Irak de l’après-Saddam Hussein ne doit plus se définir seulement comme arabe et musulman. En guise de réflexion, on pourrait soumettre aux Irakiens l’ensemble de ces questions pour décider une fois pour toute de ce qu’ils souhaitent vraiment, sans ingérences extérieures et sans que personne ne vienne s’immiscer dans leurs affaires intérieures. Les Etats-Unis ne visent pas seulement la réforme du système politique irakien. Ils annoncent des initiatives destinées à promouvoir la démocratie dans l’ensemble du monde arabe. Ce programme, qui se veut de partenariat avec le Proche-Orient, se concentre sur trois objectifs essentiels, à savoir l’éducation, les réformes économiques et l’ouverture politique. Jusqu’à présent, personne ne trouvait rien à redire aux idées de la Maison Blanche. Par calcul ou par conviction, tout le monde se place résolument du côté du changement et de la démocratisation du Proche-Orient. Dans le cas irakien, comme pour le reste du monde arabe, la démarche américaine cible l’amélioration de son image de marque auprès de populations qui ont longtemps été sacrifiées sur l’autel de la raison d’Etat, Washington ayant toujours soutenu des régimes totalitaires corrompus au détriment des droits des peuples, dans le but de sauvegarder leurs intérêts. Un passé peu glorieux qui hypothèque encore aujourd’hui toute démarche américaine auprès de ces peuples très réservés. D’autant plus que les terribles injustices qui frappent le peuple palestinien sont escamotées au profit de l’allié stratégique des Etats-Unis, Israël.
Pourquoi s’étonner, dès lors, des réactions hostiles d’une large partie du monde arabe ? L’Administration américaine doit comprendre que sans un réajustement de sa politique pro-israélienne, rien de durable ne se fera à son initiative au Proche-Orient.
Ce qui ne nous empêche pas de saluer l’approche américaine comme étant conforme aux aspirations de nos peuples à plus de justice, de démocratie et de paix.

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