Entre octobre et novembre 2001, une enquête a été effectuée par une (ONG), organisation non gouvernementale, sur la situation des migrants sur le plan des droits de l’homme, notamment aux ÃŽles Canaries. De cette étude, il ressort que le traitement réservé aux migrants arrivant clandestinement aux ÃŽles Canaries est épouvantable, tant avant que pendant leur détention dans les anciennes installations aéroportuaires de Fuerteventura et de Lanzarote. Les détenus sont retenus dans des conditions inhumaines et doivent faire face à une grave surpopulation et sont en outre complètement isolés du monde extérieur. Ni appels téléphoniques, ni visites, ni envoi et réception de courrier, etc. Le tout leur est en effet interdit. En plus, ces personnes n’ont pas accès à l’information et n’ont pas droit à un avocat, à un traducteur ou à des visites médicales. Elles sont par ailleurs privées de tout pendant une période pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines.
L’étude précise que les membres de leur famille sur le territoire espagnol, leurs amis, les organisations non-gouvernementales (ONG) et les organisations humanitaires, les organisations des droits de l’homme, à l’exception de la Croix-Rouge espagnole, se voient couramment refuser la possibilité de visiter les installations aéroportuaires, voire de rencontrer des détenus. Les seuls avocats ayant accès à ces installations sont ceux du Barreau local qui étaient de service le jour où le migrant clandestin en question est arrivé. Selon les lois en vigueur, la police peut téléphoner à l’un de ces avocats à la demande du détenu si celui-ci en fait la demande. Mais en pratique, indique l’enquête, les avocats visitent rarement ces installations.
L’enquête souligne que les décisions relatives à la détention et à l’expulsion des migrants arrivant clandestinement aux ÃŽles Canaries sont souvent arbitraires et contraires à la législation espagnole. Il faut dire que les travaux de recherche effectués dans les Iles Canaries ont mis en évidence un besoin urgent de mettre en lumière les circonstances entourant la détention des migrants débarquant clandestinement à Fuerteventura et à Lanzarote ainsi que leurs conditions générales de détention.
Même si le gouvernement espagnol est depuis un moment conscient de la gravité de la situation, conclut l’enquête, il n’envisage pas dans l’immédiat de s’attaquer au problème des violations des droits de l’homme dans ces installations ni d’organiser le transfert immédiat des personnes qui y sont détenues vers des centres appropriés.
Le traitement, réservé au marocain, Driss Faïz, qui est arrivé clandestinement à Las Palmas (ÃŽles Canaries), le 13 mai 2002, en compagnie de 20 autres personnes est horrible. Incarcéré depuis plus de sept mois, dans des conditions inhumaines, il risque aujourd’hui une peine de trois ans de taule.








