L’information est perçue comme un fait ordinaire au Portugal. Elle aurait été sentie comme un fait extraordinaire si elle s’était produite chez nous. Pimenta Machado, le président du club Guimaraes de première division, a été arrêté puis relâché sous une caution d’un million d’Euros pour détournement de fonds lors du transfert d’un joueur. Il risque ainsi de rejoindre l’ex-président de Benéfica, Joao Vale Azevedo, condamné à quatre ans et demi de prison pour fraude dans un cas similaire de transfert. C’est étrange, mais chez nous, nos dirigeants sont des saints puisque aucun responsable d’un club n’a été jugé pour fraude tout au long de l’histoire de notre football. Pourtant s Dieu seul sait combien de deniers publics ont été dilapidés au vu et au su des décideurs sans que leurs auteurs ne soient obligés de rendre des comptes à la justice.
Certains diront que c’est normal puisque notre système politique repose sur les rentes, les privilèges et l’absence du contrôle strict des pouvoirs publics. Ils ont raison dans le sens ou même les décideurs politiques et économiques ne répondent pas de leurs actes devant la justice même si la fraude est avérée. L’impunité est devenue une vertu chez nous surtout quand elle concerne les élus et les hauts commis de l’Etat. Et comme les dirigeants des clubs, des ligues et des fédérations sont généralement assimilés à cette catégorie de privilégiés, ils se comportent avec l’argent du contribuable comme bon leur semble. D’où les multiples frictions entre membres des instances sportives qui se font et se défont en fonction des intérêts financiers ou autres des uns et des autres. Il est évident que les sempiternelles guerres que connaissent les fédérations, les ligues et les clubs ne sont pas déclenchées pour défendre l’intérêt général du sport. Sinon les alliances qui se constituent le temps d’une assemblée générales ne seraient pas aussi fragiles pour se transformer rapidement en contre-alliances. D’autant plus, et c’est là le hic de notre système, le contrôle des finances des clubs et autres organes sportifs se fait à la manière de l’épicerie.
Les rapports financiers lus au cours des assemblées générales sont devenus si bidons qu’ils n’attirent même plus l’attention de la tutelle même s’ils sont rejetés par l’assemblée. À tel point qu’un comité ou un bureau fédéral dont les rapports financier et moral n’ont pas été approuvés, se retrouve reconduit comme si tout était normal. Il est normal donc que tout le monde se bouscule devant les portes des dirigeants de notre sport, y compris les postulants véreux et escrocs, puisqu’ils savent d’avance que leur gestion ne sera pas contrôlée.
L’impunité dans notre sport, comme dans tout système, ne peut enfanter que les magouilleurs, les corrompus et les escrocs s de tout acabit. C’est un mal à double tranchant qui encourage à la fois la dilapidation de l’argent des contribuables et met les bâtons dans les roues du développement de notre sport. C’est la punition que subit l’Etat e, le sport, les sportifs et les contribuables face à l’impunité des gestionnaires malhonnêtes.









