Missour Mohamed Ben Driss fait partie de ces camionneurs qui travaillent dans le secteur informel du transport routier de marchandises. Sa fonction est « chauffeur de camion ». Ce qui n’a rien à voir avec les chauffeurs du secteur organisé et qui sont encadrés et regroupés au sein d’organismes différents (syndicat, fédération). Ceux-ci appartiennent au cercle des « professionnels » du transport. Mohamed Ben Driss conduit depuis près de dix-huit ans, parcourant ainsi toutes les régions du royaume en toute saison. Il a commencé en 1984 avec un salaire mensuel de 900 dirhams, sans aucune indemnité. Il ne peut pratiquement pas avoir de repos, sauf quand l’activité du secteur est réduite ou lorsqu’il tombe malade.
En 2002, son salaire atteint 1600 dirhams, et encore. «J’ai de la chance de travailler avec un patron relativement consciencieux. Certains de mes collègues, ayant travaillé aussi longtemps que moi ou même davantage, sont encore à 1200 ou 1300 dirhams par mois. Je perçois une prime à chaque déplacement qui dépasse 100 kilomètres. Cela peut aller de 30 à 50 dirhams par livraison, selon la longueur du trajet.» explique M.Ben Driss. Le cas de cet homme n’est qu’un exemple parmi des milliers de chauffeurs vivant dans la même situation.
Particulièrement ceux qui travaillent dans le secteur de la production maraîchère et qui se déplacent entre les fermes, les stations d’emballage et les marchés de gros. Cette catégorie n’a absolument aucun droit de protestation ou de réclamation envers leurs employeurs. Ils ont simplement le choix d’accepter les conditions sus-citées ou de s’en aller. Si le véhicule, leur outil de travail, tombe en panne, ils n’ont qu’à se garer quelque part et se débrouiller pour joindre le propriétaire afin de l’informer de l’incident et attendre ses instructions. Le chauffeur ne dispose d’aucune marge de manoeuvre, car il serait difficile de faire croire au patron que la panne avait effectivement eu lieu et qu’après son intervention, le problème est réglé.








