Culture

Le Brésil aux rythmes du Carnaval de Rio

Des favelas de la banlieue nord ou des quartiers résidentiels de Copacabana et d’Ipanema, des milliers de personnes ont afflué dimanche vers le sambodrome, en centre-ville, pour la première des deux nuits de défilé des écoles de sambas, moment fort du Carnaval de Rio.
Tenant avec précaution leurs déguisements dans le métro ou le bus, moyens les plus simples d’accéder au sambodrome, les danseurs (de 3.000 à 5.000 par école) ont rejoint le secteur de la « concentraçao » (rassemblement). C’est là qu’on commence à se mettre en ordre pour le défilé. Un travail d’organisation gigantesque car en deux nuit ce sont plus de 50.000 personnes de 14 écoles qui défilent devant 65.000 spectateurs sur le sambodrome, oeuvre d’Oscar Niemeyer, l’architecte de Brasilia. Dans le secteur du rassemblement, la tension est toujours sensible car les défilés sont une compétition aux règles très strictes, pour le titre convoité d’école « championne du carnaval ». Tout est noté par des juges, la musique – une samba spécialement composée pour l’occasion sur le thème choisi -, les costumes, les percussions, l’originalité des thèmes, l’évolution des danseurs, la cohésion de l’ensemble.
Un costume déchiré, une sandale qui lâche, la roue d’un char allégorique qui se bloque et c’est le point ou le demi-point qui peut faire rater la victoire. Les dizaines de responsables de l’encadrement répètent leurs consignes, rappellent à l’ordre les indisciplinés, tandis que les couturières de chaque école terminent un ourlet ou recousent des paillettes sur les costumes flamboyants et très lourds des « reines de beauté » ou célébrités juchées en haut des chars allégoriques.

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