Chroniques

Hors-jeu : La relève des dirigeants

La relève et les pépinières des compétences se cultivent dans tous les domaines au Maroc, sauf dans le sport et la politique. Ce n’est pas un hasard puisque ces deux domaines se basent sur un seul fondement : le jeu. Le premier se pratique sur le terrain de la démocratie qui obéit à des règles que les politiciens transgressent par de multiples violations.
Le deuxième se joue sur les terrains du sport où les joueurs obéissent à des règlements stricts dont la violation est sanctionnée contrairement à la transhumance politique. Mais les politiques, qui piétinent tous les terrains, ont investi le sport depuis des lustres pour lui inculquer une gestion politicienne.
Nos ministres, nos élus et nos chefs de partis ne prennent jamais de retraite, chose qui a imprégné nos dirigeants sportifs de cette culture de longévité maladive. Autant que nous, nos enfants et nos petits-enfants sont nés et ont grandi avec les Aherdane, Bensaid, Abdelkebir M’daghri Alaoui, Driss Basri et autres. Autant ils ont entendu parler, dés leur bas âge, de Benzeroual, Gartili, Naciri, Garti, Dakine, Lemrani et une multitude de vieux barons du sport. C’est dire que depuis la nuit des temps, on reprend les mêmes pour prendre le chemin de l’incertitude comme si les jeunes n’existaient pas au Maroc. Pourtant les statistiques donnent notre pays comme ayant la population comptant parmi les plus jeunes du monde.
Une jeunesse qui prouve, de plus en plus son intelligence, son dynamisme, sa compétence et se distingue par un esprit « mondialisé » qui contraste avec la mentalité figée des caciques du sport. Prenons comme exemple, parmi d’autres, celui de Badr Fakir de la fédération des sports équestres. Il est devenu Secrétaire permanent de la fédération à l’âge de 26 ans, ce qui fait de lui le plus jeune dirigeant marocain.
Cette promotion n’est nullement un fait de hasard car il est le fils d’un grand cavalier et a, lui-même, commencé les compétitions à l’age de dix ans. C’est un pratiquant qui connaît tous les petits secrets de la discipline, dirige la revue «Maroc Equestre» et fait montre d’un sens d’organisation aiguë. Il le fait admirablement en s’occupant de la nuit des trophées équestres qui vient de fêter son troisième édition. Et puis, on ne devient pas secrétaire permanent d’une fédération aussi prestigieuse que celle dirigée par son Altesse Royale la Princesse Lalla Amina si le profil ne répond pas aux exigences de rigueur et de compétences. L’exemple de Badr peut être calqué sur d’autres jeunes dirigeants qui ont été marginalisés dans d’autres fédérations dont la direction est devenue héréditaire. Ils sont légion ceux qui se sont proclamé héritiers de notre sport jusqu’à pousser à la ruine plusieurs disciplines.
La dissolution du ministère des sports en est une preuve tangible reconnue par les plus hautes instances du pays. L’ère nouvelle a besoin que nos fédérations soient dirigées par de nouveaux hommes, plus jeunes, plus cultivés et plus tournés vers les nouvelles technologies de gestion. Qualifier quelqu’un de dirigeant alors qu’il est monolingue et ignore les touches d’un clavier d’ordinateur est aussi inconcevable qu’élire un illettré comme membre d’un conseil communal.

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