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Les hésitations de l’employé d’un ministère

Evoluant dans un ministère, H. K hésite toujours à opter pour le départ volontaire. «A 49 ans, je compte dix huit ans de service, avec un salaire indexé sur l’échelle dix». Les craintes du départ volontaire tiennent tout d’abord au montant des indemnités proposées. «C’est à partir de 21 ans de service, précise-t-il, que l’on peut avoir un bon pactole variant entre 10, 15 et 20 millions de centimes». Autrement, c’est le saut dans la précarité.
Dans le ministère où travaille HK, ils sont peu nombreux à se bousculer au portillon. A peine deux départs effectifs d’après les recoupements obtenus auprès de la Trésorerie générale du Royaume. Pourtant, si le résultat est faible, ce n’est pas faute d’initiatives, poursuit HK qui déclare que dans son ministère, une véritable psychose est en train de gagner les vieux cadres, ceux qui comme lui, préfèrent plutôt rester que partir pour des lendemains incertains. D’ailleurs, déclare-t-il, même les jeunes cadres y réfléchissent à deux fois avant de se décider.
En attendant, les réunions ont lieu tous les jeudis dans le ministère. La Commission chargée des départs volontaires délibère en traitant les demandes suivant les besoins du ministère. «D’ailleurs pour éviter de dégarnir certaines fonctions stratégiques, même en cas d’acceptation, les candidats au départ n’auront l’accord définitif qu’au mois de mars!». Le ministère se réserve le droit d’accepter ou de refuser certaines demandes. Si tout est fait pour retenir les jeunes cadres, ceux qui ont une bonne formation et des profils intéressants, le ministère concerné ne fait rien pour maintenir HK et ses semblables à leurs postes : «Je sens clairement que mon chef de service, qui est jeune, pousserait un grand cri de soulagement si je lui remettais ma demande, mais je ne pourrai prendre la décision sans voir de mes yeux ce que l’opération va donner».
Des hésitations légitimes pour un père de famille de cinq enfants, qui a le temps jusqu’au 30 juin pour prendre sa décision. «Je dois d’abord savoir ce que je vais faire après», murmure-t-il, indiquant que l’un de ses collègues, qui vient tout juste d’adresser sa demande, envisage de la retirer. Ce n’est pas par hasard que seuls deux personnes dans ce ministère ont jusque-là opté pour le départ.