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P.O : Israël veut-il réellement la paix ?

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Mahmoud Abbas et Ariel Sharon donnent, aujourd’hui, le coup d’envoi d’un Sommet historique. Charm El-Cheikh sera le théâtre de ce Sommet quadripartite réunissant Palestiniens, Israéliens, Jordaniens et Égyptiens. Cette rencontre au sommet est porteuse de tous les espoirs. Le processus de paix a de fortes chances pour être remis sur les rails.
Déjà, de part et d’autre, de grands pas ont été effectués, en dépit du fait que les deux parties se disent lésées quant à leurs attentes mutuelles. Ce qui est sûr, c’est que depuis l’arrivée de Mahmoud Abbas, les temps semblent favorables à l’accalmie. Israéliens et Palestiniens se sont engagés à respecter plusieurs points dont, notamment, un cessez-le-feu depuis longtemps espéré. Plusieurs mesures ont été prises de chaque côté et le résultat, sur le terrain, est plus que jamais palpable. Les signes de bonne volonté ne manquent pas et la preuve en est, le Sommet qui s’ouvre aujourd’hui. L’élection de Abou Mazen à la tête de l’Autorité palestinienne, le changement catégorique du comportement israélien envers celle-ci, en plus d’un ras-le-bol généralisé vis-à-vis du cycle sanglant de violence-représailles, sont à même de permettre le déblocage du processus de paix. En effet, le déploiement des forces de sécurité palestiniennes pour le maintien de la paix dans la bande de Gaza, ainsi que les promesses de cessez-le-feu obtenues de la part des groupes armés ont eu des retombées positives. Par ailleurs, l’engagement des Israéliens de cesser leurs opérations militaires dans les territoires palestiniens, conjugué aux promesses de retrait de cinq villes de Cisjordanie et de libération de plusieurs prisonniers palestiniens aura eu un effet salutaire.
Force est de constater que cela fait bien longtemps que les relations israélo-palestiniennes n’ont pas été aussi décontractées. Cette amélioration spectaculaire, après plus de quatre années de violence, ne peut être que de bon augure.
Le Sommet quadripartite de Charm El-Cheikh est le premier réunissant, depuis son élection, Mahmoud Abbas et Ariel Sharon. Il fait également office de première rencontre arabo-israélienne au sommet, depuis quatre ans.
Parrainé par le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah de Jordanie, le Sommet de Charm El-Cheikh est destiné à mettre un terme au cercle vicieux de la violence. S’étalant sur quelques heures seulement, cette rencontre au sommet est scindée en deux parties. Tout d’abord, Mahmoud Abbas, Ariel Sharon, le roi Abdallah et Hosni Moubarak tiendront une réunion à huis-clos. Réunion dont les grandes lignes seront dévoilées lors de la conférence de presse habituelle inhérente à ce genre d’événements. Parallèlement, une autre réunion regroupera les membres de la Commission bilatérale israélo-palestinienne, dont la tâche consiste à ficeler la déclaration finale du sommet. Cependant, un haut responsable palestinien avait déclaré à l’Agence France-Presse que «ce sommet entrave la stratégie de négociation établie par la présidence palestinienne pour une reprise du dialogue politique officiel entre les deux parties». Selon l’AFP, d’autres responsable de l’Autorité palestinienne estiment que «Mahmoud Abbas entendait, avant de rencontrer Sharon, parvenir d’abord à des accords essentiels sur les prisonniers palestiniens, le retrait israélien de la bande de Gaza, l’allègement du blocus en Cisjordanie et à Gaza et la question d’un cessez-le-feu entre les différents mouvements palestiniens et Israël. M. Abbas voulait pousser M. Sharon à engager des négociations politiques et non une simple discussion sur l’application de ces mesures.» Par ailleurs, le Premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne devront se retrouver à la Maison-Blanche, au printemps, selon une déclaration de Condoleezza Rice à la presse israélienne. La secrétaire d’Etat américaine, qui a rencontré les deux hommes, est la première responsable de ce rang à se rendre à Ramallah, depuis près de trois ans lors de la visite effectuée par Colin Powell.