La poignée de main a fait le tour du monde et a nourri toutes les espérances. Le Sommet quadripartite de Charm El-Cheikh fait désormais partie de l’Histoire. Pour la première fois depuis quatre ans, des dirigeants palestinien et israélien ont pu s’asseoir à la même table. Cela est d’autant notable que c’est d’une table de négociations qu’il s’agit.
Porteuse d’un immense espoir, la rencontre entre Mahmoud Abbas et Ariel Sharon aura été un succès.
Le nouveau leader de l’Autorité palestinienne et le Premier ministre israélien sont parvenus à proclamer un cessez-le-feu général. Cet armistice est considéré comme une continuité de la trêve en vigueur, aboutie suite à des efforts de part et d’autre.
Le succès de Charm El-Cheikh ne pouvait s’arrêter à cette poignée de main historique. Il fallait bien que le processus de paix revienne à l’ordre du jour. Du coup, le quartette international (UE, USA, Russie et ONU), qui avait élaboré la fameuse « Feuille de route », a aussitôt repris son travail, consistant à oeuvrer pour l’aboutissement d’un accord de paix.
En effet, Moscou et Londres ont annoncé, mercredi, la tenue le 1er mars d’une réunion du quartette international.
La réunion se tiendra en Grande-Bretagne, en marge de la Conférence d’aide aux Palestiniens, dont l’appel a été lancé par Londres pour les 1er et 2 mars. Formulant le voeu que tous les membres du quartette soient représentés au plus haut niveau, le «Forein Office» a indiqué que le Premier ministre britannique Tony Blair et Condoleeza Rice, la secrétaire d’Etat américaine, y assisteront. Lors de cette réunion, les participants devraient discuter d’une aide financière à l’Autorité palestinienne, comme a pu le souligner Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères.
La «Feuille de route», qui prévoyait la création d’un Etat palestinien viable et indépendant à l’horizon de 2005, a été acceptée par les deux parties concernées et entériné par le Conseil de sécurité des Nations unies. Ainsi, au lendemain du Sommet quadripartite, réunissant Palestiniens, Israéliens, Jordaniens et Égyptiens, les espoirs renaissent et les perspectives d’une paix durable au Proche-Orient se profilent à l’horizon. De même, cette réunion semble avoir donner un coup de fouet aux démarches visant à instaurer la paix en question.
Cependant, ce premier pas ne fait que lancer plusieurs chantiers restés fermés depuis le temps. Leur réactivation nécessitera la mobilisation de beaucoup d’efforts et, surtout, les deux dirigeants, palestinien et israélien, seront confrontés à leurs oppositions respectives, dont des parties qui ne sont ouvertes à aucun accord. Du côté des Palestiniens, Hamas et le Jihad islamique ont émis quelques réserves quant au compromis auquel sont arrivés Abbas et Sharon, indiquant que «les déclarations de M. Abbas n’engageaient que l’Autorité palestinienne.»
Cela ne signifie pas pour autant que les deux groupes islamiques sont contre le plan de paix, mais ils réfléchissent et agissent en se référant à leur expérience en la matière. Souvent leurrés par les déclarations israéliennes, il est tout à fait normal qu’ils affichent autant de prudence.
«Cette annonce n’exprime que la position de l’Autorité palestinienne. Elle n’exprime pas les positions des mouvements palestiniens», a déclaré à l’AFP, à Gaza, Mouchir Al-Masri, porte-parole du Hamas. Et d’ajouter que « le Hamas maintient sa position qui n’a pas changé: il n’y aura pas de trêve véritable avec Israël sans contrepartie véritable. (…) Nous agirons vis-à-vis de la trêve en fonction de l’engagement de l’ennemi sioniste en faveur de nos conditions, en commençant par la libération de tous les prisonniers et détenus».
Quant à Mohammed Al-Hindi, porte-parole du Jihad islamique, celui-ci estime que le Sommet n’a rien apporté de nouveau. «Nous attendons le retour de Mahmoud Abbas pour évaluer ce qui a été décidé et nous indiquerons alors notre position», a-t-il déclaré. Toutefois, il est à indiquer que le Hamas et le Jihad islamique n’ont pas remis en question l’arrangement conclu le 21 janvier avec Mahmoud Abbas, consistant en le respect de la trêve.
Du côté israélien, c’est Sylvan Shalom, le chef de la diplomatie, qui a lancé l’offensive, en menant une campagne pour l’organisation d’un référendum sur le retrait de la bande de Gaza. Une initiative qualifiée en Israël de « bombe politique». «Si Sharon a réussi à désamorcer l’Intifada palestinienne, il fait face désormais à une « Intifada» dans son propre camp.
Sharon est catégoriquement opposé à l’idée d’un référendum, avait souligné un proche du Premier ministre interrogé par l’AFP. « Ceux qui soutiennent cette idée visent à saboter le plan de séparation et à faire tomber le Premier ministre », a-t-il déclaré.









