Selon un communiqué de la Maison-Blanche, George W. Bush a demandé formellement au Congrès une enveloppe supplémentaire de 81,9 mds de dollars, en grande partie prévue pour financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan. « Cette demande correspond à une demande urgente et essentielle. Je demande au Congrès de m’adresser rapidement le projet de loi en ce sens pour que je le signe », a-t-il déclaré, selon l’Agence France-Presse.
La demande de Bush intervient au lendemain de l’annonce des résultats définitifs des élections en Irak par la commission électorale. Ainsi, la liste chiite de l’Alliance unifiée irakienne, parrainée par l’Ayatollah Ali Sistani, a remporté les élections du 30 janvier dernier avec 48,1 % des voix, suivie de la liste kurde avec 25, 7% des voix. La liste du Premier ministre sortant, Iyad Allaoui (chiite laïc), arrive en troisième position avec 13,8 % des voix. Et enfin, en quatrième position, arrive la liste sunnite parrainée par le président Ghazi Al-Yaouar avec 1,7 % des suffrages exprimés.
La Commission électorale indépendante examinait, hier mardi, des plaintes sur des irrégularités déposées par des candidats au scrutin du 30 janvier, avant de valider les résultats de la consultation historique qui a vu les Chiites émerger comme la première force politique en Irak. La distribution des sièges du Parlement devrait se faire après l’examen de ces réclamations.
Après deux jours de tractactions serrées entre les dirigeants de l’Alliance irakienne unifiée, le choix s’est arrêté sur le vice-président chiite sortant, Ibrahim Djaâfari, chef du parti islamiste Daôua, comme candidat au poste de Premier ministre, selon des déclarations de sources proches des négociations, relayées par les agences de presse.
Le choix de Djaâfari devra être endossé par le futur président et ses deux vice-présidents, qui seront désignés à la majorité des deux-tiers par l’Assemblée nationale transitoire, puis approuvé par cette dernière à la majorité simple. Par ailleurs, les résultats de ces élections ont été à l’origine d’incertitudes aux Etats-Unis. Entre autres, la stabilisation du pays et sa démocratisation, l’avenir des relations avec l’Iran et les perspectives du retrait des forces américaines. Selon les médias et experts américains, les Etats-Unis vont devoir compter sur la capacité des Irakiens à négocier de délicats accords entre partis et communautés.
Si le président Bush a réagi en extrême prudence et n’a pas commenté les résultats des élections, la presse américaine, elle, a fait un bilan mitigé des résultats, qui placent en troisième position la liste du Premier ministre, Iyad Allaoui, un protégé des Etats-Unis.
Certains titres soulignaient l’ironie de voir deux ans de guerre se traduire par des risques d’établissement d’un pouvoir islamique chiite bienveillant envers l’Iran, ainsi que le renforcement des tendances séparatistes au Kurdistan. Cette analyse est partagée par les médias et les commentateurs arabes qui ont exprimé leurs crainte, que cette victoire éclatante des chiites ait des conséquences fâcheuses sur l’unitéde l’Irak et l’équilibre de la région.
Sur le terrain, l’annonce des résultats des élections a coïncidé avec une recrudescence de la violence. Dans un attentat au nord de Bagdad, trois policiers et un civil ont trouvé la mort sur une route. Près de Samarra, on compte neuf morts, dont deux soldats irakiens. Alors que près de Kirkouk, ce sont des oléoducs et des gazoducs qui ont fait l’objet de plusieurs sabotages.









