«Le monde est arrivé à déboulonner Staline, Ceausescu et consorts alors que nous, juifs du Maroc, nous sommes encore dans l’attente de Bergodot », le ton est d’emblée donné par David Mergui, membre actif de la communauté juive au Maroc. Son regard sur la gestion de la chose communautaire, bien que sévère, n’en dévoile pas moins des pratiques d’un autre âge. « Les responsables de la communauté ne remplissent pas leur rôle, quant à leur responsabilité historique vis-à-vis de la communauté. Ils ne font que gérer des problèmes de tous les jours, alors qu’au nom du droit de la mémoire, une autre approche s’impose », a-t-il précisé.
Selon M. Mergui, les responsables actuels ne tiennent pas compte de ce devoir ni dans les instances, ni lors des réunions encore moins dans la transmission de tout un héritage. Pis, selon lui, ils ne font que gérer une pénurie culturelle et subviennent aux besoins les plus primitifs et élémentaires de la communauté juive.
« À mon avis, une gestion qui vise la sauvegarde de l’histoire culturelle et sa transmission aux enfants et aux concitoyens musulmans est une priorité », a déclaré ce militant.
Cette approche est d’autant plus justifiée que les moyens sont disponibles. Les structures existantes réservées à la communauté juive ont été établies pour une population de plus de 300.000 juifs, alors qu’elles ne servent qu’à 3.000 juifs au maximum.
« À la tête de ces structures hypertrophiées, il y a un président et un vice-président de la communauté et de même que dans toutes les autres institutions. Donc, il y a lieu de se demander si nous ne sommes pas dans un état de chasse gardée. Je me demande d’ailleurs, s’il n’y aurait pas, dans un temps proche, plus de chasseurs que de gens à chasser. Il y a lieu aussi de se poser la question du pourquoi de cette chasse. Serait-ce pour des raisons politiques ? », est interrogé M. Mergui.
Comme palliatif à ce mode de gouvernance, David Mergui n’a de cesse de plaider en faveur de la réduction du nombre de ses structures, «les budgets de fonctionnement sont plus importants que les services offerts, il faut les ramener à des tailles appropriées », a-t-il mentionné.
Autre axe, la réalisation de biens affectés à des activités sociales et culturelles. Il pense à la transformation, par exemple, de l’hospice OSE en clinique juive ouverte à tout le monde, à l’image des établissements juifs aux USA et au Canada.
Ou encore, à l’instauration de la gratuité des soins et de la scolarité de manière universelle. Mais, le projet qui lui tient le plus à coeur est la création d’une association judéo-musulmane où les musulmans prendraient connaissance de l’apport réel de la culture juive et qui se chargerait de faire en sorte qu’un chapitre soit consacré à la communauté juive dans les manuels scolaires marocains.
« L’ensemble de ces actions ne peut se faire que dans la transparence et en dehors de toute motivation politicarde », conclu David Mergui.









