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Qoreï doit revoir sa copie

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Le Parlement palestinien refuse, toujours, d’accorder sa confiance à la liste préétablie, à deux reprise, des membres du cabinet du Premier ministre, Ahmed Qoreï.
Le Premier ministre palestinien devait présenter son nouveau gouvernement, hier mercredi, au Conseil législatif (CLP/Parlement). Toutefois, la séance a été reportée à aujourd’hui, jeudi, devant les fortes divergences au sein du Fatah, le parti au pouvoir, ont indiqué des sources parlementaires selon l’AFP. Le président du CLP, Rawhi Fattouh, a pour sa part laissé entendre que le vote d’investiture du cabinet remanié du Premier ministre, Ahmad Qoreï pourrait avoir lieu samedi. « Le frère Abou Alaa (Ahmad Qoreï, ndlr) présentera le gouvernement qu’il est en train de former au CLP demain, sinon samedi », a-t-il déclaré à la presse.
M. Qoreï a été obligé de remanier radicalement son cabinet après le refus, lundi dernier, du CLP de lui accorder sa confiance dans sa composition initiale. Le refus des députés s’explique, selon eux, par le fait que le cabinet, tel qu’il a été présenté par M. Qoreï, ne serait pas à même d’appliquer des réformes. Aussi, ils ont exigé un changement radical par rapport au cabinet sortant, en oeuvre depuis novembre 2003. Les députés, y compris ceux du Fatah, le parti de M. Qoreï qui domine le CLP avec 62 sièges sur 83, ont notamment réclamé le départ de ministres associés à la corruption et l’injection de sang neuf au nouveau cabinet.
Ainsi, le Premier ministre a, nouvellement, constitué un « cabinet de technocrates » qui comprend seulement deux députés du Parlement contre 15 dans le cabinet initial. Seulement sa deuxième proposition a été également rejetée hier mercredi par les députés. Signalons qu’une partie de ces mêmes députés a réclamé ouvertement le départ de M. Qoreï.
Afin de mettre fin à ce va-et-vient, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a entamé, hier matin, des discussions avec les députés du Fatah pour tenter de les convaincre et par la suite arracher leur accord sur le nouveau cabinet. Abou Alaa n’a pas participé à cette réunion. « Tout est possible. Notre vote dépendra des noms qui nous seront présentés et si le cabinet n’est pas investi aujourd’hui (mercredi, ndlr) nous allons discuter de la possibilité de la désignation d’un autre Premier ministre à la place d’Abou Alaa », a affirmé le député Abdel Fattah Hamayel, membre du Fatah. « La situation est très difficile, non seulement pour Abou Alaa mais pour nous tous », a ajouté Mohammad Chati, également du Fatah.
Pour sa part, Jalal Al-Moussadar, député indépendant, estime que M. Qoreï doit être remplacé par un autre Premier ministre, vu qu’il n’est pas parvenu à obtenir la confiance du CLP, lors de la séance de lundi. « Retirer le gouvernement proposé signifie l’échec à obtenir la confiance du CLP et la loi fondamentale prévoit, dans ce cas la désignation d’un nouveau Premier ministre », a-t-il affirmé. « La majorité est pour un gouvernement de technocrates, mais le problème réside dans son chef », a dit, pour sa part, Freih Abou Medein, député du Fatah et ancien ministre de la Justice. Selon des sources du Fatah, les deux membres du CLP retenus dans la nouvelle mouture du cabinet sont Nabil Chaâth, ministre des Affaires étrangères sortant, désigné vice-Premier ministre et ministre de l’Information, ainsi que Saëb Eraket, maintenu à son poste de ministre chargé des Négociations. M. Eraket a, toutefois, annoncé à la presse mercredi qu’il avait décliné l’offre de faire partie du cabinet. « Je me suis excusé car je suis député et ce gouvernement ne doit pas inclure de députés. Il ne doit pas y avoir d’exceptions », a-t-il dit dans une déclaration relayée par l’AFP. Le général Nasr Youssef et Nasser Al-Qidwa ont été retenus, respectivement à l’Intérieur et aux Affaires étrangères.
Selon les mêmes sources, le nouveau cabinet voit le poste de ministre des Affaires civiles confié à Mohammad Dahlane, homme fort de la bande de Gaza et ancien ministre délégué à la Sécurité. Enfin, le ministre des Finances sortant, Salam Fayad, dont les efforts pour assainir les finances d’une Autorité rongée par la corruption ont été salués à l’étranger, est maintenu à son poste. Confronté à une dure opposition de la part des députés de son propre parti, le Premier ministre, Ahmed Qoreï , devrait relever ce défi pour maintenir sa position sur la scène politique palestinienne.