Monde

Périscope : Rude épreuve

Tout accord au sujet de la «feuille de route» avait été reporté jusqu’à nouvel ordre. La visite du secrétaire d’Etat américain, Colin Powell n’a abouti à rien de nouveau sur le volet palestinien en raison du refus d’Ariel Sharon de proclamer une acceptation franche ou même tacite de la « feuille de route ». Il a même écarté tout gel de la colonisation, comme le stipule cette feuille élaborée par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU).
Les désaccords actuels menacent de remettre aux calendes grecques la reprise d’un vrai dialogue. Il suffit d’énumérer certaines demandes qu’Israël ne veut même pas aborder pour se rendre compte du chemin qui reste à parcourir avant de voir se dessiner les contours de l’embryon d’un futur Etat palestinien : libération de milliers de prisonniers palestiniens injustement arrêtés par Israël, liberté de mouvement pour le Président palestinien Yasser Arafat ou encore l’arrêt de la colonisation juive dans les territoires réoccupés. La position israélienne concernant des demandes aussi simples est négative. L’impasse est réelle car Ariel Sharon demande aux Palestiniens de mettre en œuvre leurs engagements et que l’on reporte les siens, ce qui confirme que les risques ne sont jamais aussi grands pour les Palestiniens que lorsqu’il est question d’un plan de paix. Si ces derniers acceptent la «feuille de route», les Israéliens entendent la modifier.
Les représentants des colons manifestent leur opposition à ce plan de paix affirmant qu’il est pire que les accords d’Oslo, car, disent-ils, il offre aux Palestiniens un Etat avant même que ne soient résolus les différends portant sur Jérusalem, les colonies, le retour des réfugiés et le tracé des frontières. Ce genre d’attitude ne fait que compliquer l’application de la «feuille de route», en rendant plus difficile les mesures que les deux parties sont appelées à prendre. Le climat d’optimisme qui a précédé l’arrivée de Colin Powell au Proche-Orient s’est éclipsé à cause de la différence des interprétations palestiniennes et israéliennes de cette feuille. Pourtant, c’est le moment d’aller de l’avant et de trouver un chemin vers la paix, même s’il faut faire face à des événements tragiques, comme ceux qui sont entretenus par des exrêmistes des deux bords. Outre ces groupes auxquels les deux parties doivent faire face, le défi majeur pour l’application de la «feuille de route» réside dans la violence entretenue par l’armée israélienne, un comportement prémédité qui ne fait que s’aggraver.