Dans la tradition populaire chez les habitants du Nord du Royaume, le rite du baptême dit "Sabaâ" est un cérémonial riche en évocations qui, par leur symbolique, traduisent un formidable brassage de coutumes héritées des diverses populations qui se sont installées dans la région.
Dans ses différentes manifestations, le baptême tangérois se présente, aujourd’hui, comme un condensé de vagues réminiscences rappelant, tantôt, l’apport des Mauresques en provenance de l’Andalousie, tantôt, les us rustiques de l’arrière-pays, avec une touche de modernité qui ne souffre aucune incompatibilité avec les préceptes de l’Islam et les enseignements du prophète et de ses illustres compagnons. En effet, les préparatifs durent laborieusement des semaines, sinon des mois avant la venue au monde du nouveau-né avec une répartition minutieuse des tâches entre les membres de la famille qui s’affairent à donner au cérémonial toute son aura.La tradition veut que la cérémonie du sacrifice du mouton, le jour du Sabaâ, se déroule en présence des grands-pères maternel et paternel du nouveau-né qui, après avoir récité des versets coraniques et élevé certaines prières, se succèdent pour faire entendre l’appel de la prière dans l’oreille du nourrisson. Le bébé est lavé immédiatement après sa naissance, entouré des enfants de la famille qui portent des chandelles pour la circonstance, comme pour exprimer, par la force de l’allégorie, tous les vœux de bonheur et de félicité pour ses parents.








