Vendredi dans la soirée. Coup de téléphone. Un consulat à Casablanca a été victime d’un attentat. Lequel des consulats ? Celui des USA, peut être. «Je pense que c’est celui d’Espagne réplique la voix à l’autre bout du fil». Les chaînes de télévision internationales commencent à donner l’information. Direction centre ville. Entre temps, on était déjà fixé : il s’agit du consulat belge.
Le nouveau bâtiment du consulat de Belgique est situé dans une ruelle pas trop fréquentée. Des morts ou des blessés, le seul fait d’y penser est cruel. Sur place, en pleine nuit, le cordon de sécurité était déjà bien installé. Impossible de s’approcher davantage des lieux du drame.
Les questions ne manquent pas, quant au choix du consulat de Belgique. Surtout que Bruxelles a été connu pour ses prises de position contre la guerre en Irak. Bruxelles agit également pour une solution négociée qui garantit les droits au peuple palestinien et c’est en terre belge que l’on a pu déposer plainte contre Sharon pour crime contre l’humanité.
Le choix ne répond à fortiori à aucune logique de Ben Laden et ses acolytes. Encore faut-il que les fanatiques aient une quelconque logique. Toutes ses questions n’ont plus aucune raison d’être puisque l’on apprend, une fois sur place, que ce n’est pas le consulat qui était ciblé. Mais le restaurant italien d’en face.
Nancy Rossignol, consul général, a fait savoir que le vice-consul, qui vit au quatrième étage du bâtiment, s’en était sorti indemne. Pour le propriétaire du restaurant, Jean Marc, il n’y a rien à déplorer, dit-il. «Seule une vitre a volé en éclats, sinon rien. Vous pouvez venir et constater de visu que le restaurant n’a pas été touché», dit-il. Il s’agit au fait d’un restaurant select, fréquenté par une bonne clientèle d’hommes d’affaires de confession juive. Mais au lieu de ce lieu, l’attentat a soufflé la façade du consulat de Belgique.
Les clients ne cachent par leur colère. "Le Maroc est visé mais les terroristes sont-ils conscients que les victimes de leurs actes n’ont rien à voir avec la politique?", lance Mohamed, garçon de café. Un autre client, hors de lui, renchérit: "C’est honteux, je suis blessé dans mon identité en tant qu’arabe et musulman. Regardez, la preuve est là, des Arabes tuent des Arabes, c’est du terrorisme inacceptable, l’Islam est contre cela". Une chose est maintenant sûre : l’attentat laissera sûrement des séquelles.








