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La paix s’éloigne au Proche-Orient

Au Proche-Orient, les espoirs de paix se sont encore affaiblis dimanche avec deux nouvelles attaques kamikazes perpétrées dans la partie orientale de Jérusalem. Le premier attentat a visé un bus, et tué sept personnes en plus de son auteur. Au moins 20 personnes ont aussi été blessées, dont quatre grièvement, selon la radio publique israélienne. Simultanément, durant la matinée, un second kamikaze s’est fait exploser non loin de là, sans faire de victime. Cette double attaque est intervenue quelques heures après celle de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, lorsque, samedi soir, un Palestinien s’était fait exploser tuant un couple de colons. A ce moment-là, les Premiers ministres palestinien et israélien renouaient les premiers contacts de ce niveau depuis le déclenchement de la seconde Intifada pour évoquer le plan de paix international. Le Hamas et le Djihad islamique ont estimé dimanche que ces attaques étaient «une réponse à l’occupation israélienne» sans les revendiquer explicitement. Un des chefs du premier mouvement à Ghaza, Abdelaziz al-Rantissi a déclaré à l’AFP qu’elles n’avaient «rien à voir» avec cette rencontre au sommet. «La lutte du peuple palestinien ne tient pas compte des rencontres politiques, mais des souffrances endurées par notre peuple sous l’occupation», a-t-il déclaré. Selon Mohammad al-Hindi, l’un des responsables du Djihad islamique, ces actions «veulent transmettre le message suivant à la communauté internationale : les Palestiniens ne cèdent pas, quelle que soit la force d’agression de l’ennemi».
Dimanche, la première réaction d’Ariel Sharon a été de reporter la visite qu’il devait effectuer le jour même à Washington, dans le cadre de l’application de la feuille de route. Si les Palestiniens craignaient surtout dimanche les habituelles représailles militaires et collectives, cette annonce est venue enterrer un peu plus le processus de règlement du conflit. La rencontre entre les deux camps, à Jérusalem-ouest, s’est déroulée samedi soir sur fond d’extrêmes tensions avec la poursuite des incursions dans la Bande de Ghaza et en Cisjordanie. Des agressions qui ont entraîné la mort de deux Palestiniens près de la colonie juive de Shearei Tikwah, en Cisjordanie, samedi. Dans le nord de la Bande de Ghaza, un Palestinien a aussi été tué et 25 autres blessés, dans le secteur de Beit Hanoun, le  même jour. Ces opérations se sont multipliées malgré la publication de la feuille de route, fin avril, et la relance de la diplomatie internationale, notamment américaine. Samedi soir, les dirigeants des deux camps sont pourtant officiellement « tombés d’accord pour constater que l’arrêt du terrorisme constitue la première étape vitale pour tout progrès et les Palestiniens se sont engagés à déployer des efforts sincères et réels pour faire cesser le terrorisme ». Selon le communiqué israélien, « MM. Sharon et Abbas ont convenu de poursuivre leurs discussions après le retour du Premier ministre israélien de Washington ». Côté palestinien, on a souligné dimanche que Mahmoud Abbas avait « pressé » son homologue israélien d’adopter la feuille de route. Selon le ministre de l’Information Nabil Amr, le Premier ministre palestinien a aussi demandé à Israël « de mettre fin au siège imposé à Yasser Arafat et de libérer les prisonniers palestiniens pour créer une atmosphère positive et remettre le processus de paix sur les rails ». Censées se poursuivre à l’issue de la visite d’Ariel Sharon aux Etats-Unis, ces discussions n’ont pour l’instant donné « aucun résultat concret » selon le principal conseiller du président de l’Autorité, Nabil Abou Roudeina.
Abou Mazen, qui était accompagné samedi de son ministre délégué pour les Affaires de sécurité Mohammad Dahlane et du président du Conseil législatif  Ahmad Qoreï, avait convoqué plus tôt dans la journée son gouvernement amputé d’un de ses membres démissionnaire, le ministre chargé des Négociations Saëb Erakat. Deux semaines à peine après avoir pris ses fonctions, M. Erakat a annoncé son départ jeudi soir visiblement après avoir été écarté des pourparlers de paix, auxquels il participait depuis plus de dix ans. Cette démission illustre en tout cas tous les défis du gouvernement Abbas, pressé par l’extérieur mais aussi soumis à d’importantes pressions internes.