Couverture

Éditorial : L’économie de la politique

La  sortie médiatique de Driss Jettou après les lâches attentats perpétrés à Casablanca, est un acte politique. C’est une première dans sa courte carrière de Premier ministre technocrate et gestionnaire à l’absolu. Ce faisant, depuis sa nomination à la primature, ses préoccupations économiques ont installé de facto un vide politique morbide dans notre pays. D’autant plus que les partis politiques se sont laissés traîner dans la gestion des affaires courantes et que l’opposition atomisée par les dernières élections a été absorbée par une domination territoriale des  islamistes. ça sentait la poudre depuis quelques mois, mais la fixation économique du gouvernement Jettou qui a fait plus dans l’économie de la politique que dans l’économie tout court, l’a poussé à jeter l’éponge de la vigilance. L’alerte a été pourtant donnée par des actes criminels commis contre des agents de police mais aussi contre des civils innocents. Une recrudescence de la  violence physique et verbale signée par le cynisme des groupuscules qui s’appelaient déjà « Assirat Moustakim » et la Salafya Jihadia. Ceux-là même qui ont fabriqué des bombes aussi artisanales soient-elles pour  embrigader et armer des jeunes désorientés. Il faut être fou à lier, totalement dépourvu de capacités mentales pour aller mourir et  tuer des marocains et des étrangers tout aussi innocents les uns que les autres. Quand un être humain arrive à un tel extrémisme pour semer la terreur parmi les siens, c’est qu’il y a péril en la demeure dont la fondation  doit être plus ferme que jamais.  Tout simplement parce qu’un Etat de droit est par définition un Etat fort qui fait respecter la loi sous la bannière démocratique.  Autrement, le laxisme ne doit pas être traîné sous la bannière des droits de l’homme si ce principe universel est employé à mauvais escient. Les droits de l’Homme aussi universels soient-ils ne sont pas au-dessus de la loi, sinon leur essence même est violée. C’est ce qui se passe quand des pseudo-défenseurs des droits humains sèment la terreur intellectuelle pour cultiver la violence physique. Ceux qui hissent en martyrs des prêcheurs fanatiques dans les colonnes d’une certaine presse pouvaient bien être ce vendredi 19 mai à l’hôtel Farah, à Casa Espana, voire de passage devant les lieux de l’attentat. Ils auraient pu périr dans des conditions atroces car tout simplement les kamikazes et leurs commanditaires ne distinguent leurs victimes. Ils auraient tué l’un des leurs, par inadvertance ou par mépris et  l’auraient érigé, en consolation posthume, en  martyr alors que les autres victimes sont exécutées comme mécréants.  La folie dans toute sa grandeur cynique. Pour la combattre, il n y a pas trente-six solutions sinon une reprise en main de la chose politique. Le laxisme affiché jusqu’ici face aux prêcheurs sataniques dans les mosquées privées, dans les bus et les taxis, a débouché sur une violence inouïe. Aux politiques et aux acteurs de la société civile, de mettre la main à la pâte pour aller vers une approche plus sociale et plus proche de la réalité du terrain.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux