Dans un entretien accordé mardi à l’AFP, Bruno Etienne, un des plus grands spécialistes du monde arabe et de l’Islam a estimé que «la guerre en Irak a accru dans le monde musulman le ressentiment envers les Etats-Unis et leurs alliés, avec pour conséquence une augmentation des attentats-suicide contre des intérêts américains et occidentaux». «Le Maroc était un pays "considéré comme apostat" par Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaïda. Casablanca, la ville où a été perpétré l’attentat avait remplacé Beyrouth comme lieu de plaisir pour des Arabes fortunés, y compris Saoudiens » avait-il mentionné avant d’ajouter "Les auteurs sont de jeunes gens du quartier Sidi Moumen, un quartier misérable.
Je connais ce quartier, j’y ai travaillé. La misère n’explique pas tout. Pourquoi ces "desperados" commettent-ils de telles attaques s’interroge M. Etienne. "Je ne sais s’il y a un lien direct entre les attentats de Ryad (qui ont fait 34 morts le 12 mai), et ceux de Casablanca. Le point commun, c’est que les auteurs ont une vision apocalyptique des choses. Ils prônent la mort, alors que jusqu’ici les mouvements islamistes avaient une vision politique.
De son côté, le quotidien belge "la Dernière Heure" a estimé qu’après le choc, la vie reprend ses droits à Casablanca. «Déterminés à ne pas se laisser abattre, les habitants de Casablanca, même s’ils restent sous le choc, ont repris leur vie quotidienne normale » écrit mardi le journal. Dans un article intitulé "la vie reprend ses droits", le journal observe qu’un peu plus de 72 heures après les attentats sanglants de vendredi dernier à Casablanca, la vie a repris ses droits (…) "on s’attable toujours en nombre aux terrasses des cafés, on se bouscule sur les piétonniers commerçants, on fait la file aux comptoirs des fast-food locaux ou ceux d’un géant américain…". Se faisant l’écho de plusieurs témoignages des habitants de la métropole, "la Dernière Heure" souligne que le "Maroc est un pays fort et les Marocains sont solidaires". "Ils ne se laisseront pas abattre". "Les terroristes ne demandent pas mieux que nous sombrions…mais on va les affronter et on verra qui va gagner", a notamment confié au journal un jeune casablancais.








