L’élargissement de l’Union européenne aux pays de l’Est est désormais une réalité à laquelle plus d’un secteur économique au maroc devrait faire face. Le secteur automobile n’échappe pas à une règle quasi générale. Si cet élargissement aux PECO comporte bien des avantages, notamment en termes de marché, plus étendu et qui implique une restructuration de l’offre marocaine, il n’en contient pas moins plusieurs contraintes que le secteur est appelé à gérer. Peuplé naguère de voitures archaïques et brinquebalantes, le cœur de l’Europe centrale va devenir, d’ici la fin de la décennie, un géant de l’automobile, avec une production qui pourrait approcher celle de la France.
L’année dernière, cette région a fabriqué 1,1 million de voitures et commençait à talonner le pays de vieille tradition automobile qu’est l’Italie (1,27 million). La principale contrainte n’est autre que la concurrence qui sera de plus en plus rude à l’horizon 2004, date d’un élargissement effectif qui changerait un bon nombre de donnes. Toutes les composantes de l’industrie automobile sont concernées par un déplacement stratégique des intérêts européens.
La Roumanie, la Pologne, la République Tchèque sont des pays à craindre à plus d’un égard. L’émergence de ce nouveau bassin automobile tient d’abord à la présence d’une main-d’œuvre bon marché (les coûts salariaux y représentent au maximum 25% des coûts français et 15% des coûts allemands). La région a également un vieux savoir-faire industriel: elle fabriquait des automobiles mais surtout des camions, autobus et véhicules blindés pour tout le bloc soviétique. L’élargissement poussera les constructeurs européens à sous-traiter davantage chez leurs voisins de l’Est. Mais encore faut-il que les pays de l’Est abandonnent certaines pratiques qui réduisent leur coût au plus bas.
En attendant, le Maroc devrait faire encore des efforts au niveau administratif et douanier. La concurrence serait déloyale mais il faudra la surmonter.
Pour rentabiliser l’échange entre le Maroc et l’U.E, il faut d’abord chercher les niches à valeur ajoutée, les développer et simplifier davantage les procédures administrative et douanière.
Le développement du secteur dans les pays de l’Est suscite d’ores et déjà, nombre d’inquiétudes. Y compris chez les opérateurs de l’automobile à l’intérieur même de l’entité europénne. Les syndicalistes de France et d’Espagne protestent. Et même le gouvernement libéral de Madrid s’émeut de la récente décision de Seat (groupe Volkswagen) de transférer à Bratislava une partie de la production de ses Ibiza. Mais, selon les analystes, l’actuelle U.E ne doit pas trop redouter une délocalisation massive des usines existantes qui ont souvent l’avantage d’être totalement amorties.
Le prix considérable d’un plan social, en cas de fermeture d’un site, est également dissuasif. Cela dit, toutes les nouvelles usines de constructeurs ou d’équipementiers s’implantent maintenant à l’Est. Peugeot Citroën vient ainsi d’annoncer cette semaine la prochaine construction au-delà de l’ancien Rideau de fer d’une usine d’une capacité annuelle minimum de 300.000 voitures.









